La décision de maintenir fermés les lieux de culte, malgré l’entame de l’étape II de déconfinement, nourrit visiblement des frustrations chez les fidèles qui ne cessent d’émettre le vœu de retrouver les mosquées.

PAR Milina KOUACI et NAZIM B.
De son côté, la commission de la Fetwa du ministère des Affaires religieuses n’affiche aucune désapprobation envers la décision du gouvernement Djerad. Bien au contraire, elle approuve l’avis et la recommandation des scientifiques.
A l’évidence, le Comité scientifique chargé du suivi et de l’évolution de la pandémie privilégie plutôt la patience et la prudence jusqu’à réunir toutes les conditions d’un retour à l’avant-Covid- 19 à travers, notamment l’extinction du risque de contagion.
C’est ce qu’a soutenu le membre du comité scientifique, le professeur Bekkat Berkani, dans son explication des raisons pour lesquelles le gouvernement a jugé plus opportun et judicieux de maintenir les mosquées fermées.
«Les conditions et l’évolution de l’épidémie dans le pays ne permettent pas la reprise de toutes les activités, particulièrement celles qui reçoivent beaucoup de monde, et qui se déroulent dans des milieux confinés», a dit M. Bekkat, précisant que «les mosquées resteront fermées jusqu’à la maîtrise de la Covid-19».
Pour le même responsable, «toutes les activités et les grands rassemblements représentant un réel danger et risque et favorisant une large propagation du virus ne seront pas rouverts», relevant que la situation sanitaire «impose d’attendre et de suivre la courbe de l’évolution de la pandémie dans le pays, jusqu’à ce qu’une diminution significative du nombre de cas infectés soit enregistrée».
Au niveau du ministère des Affaires religieuses, c’est une adhésion à l’avis des scientifiques qui est exprimé.
«En dépit des résultats positifs par l’Algérie dans la lutte contre cette épidémie, ce qui a permis une levée partielle du confinement à domicile et la reprise de certaines activités, les experts algériens de la santé publique, qui connaissent la réalité de la situation en Algérie, affirment que les conditions ne permettent pas la reprise de toutes les activités, particulièrement celles qui reçoivent un nombre important de personnes et qui se déroulent dans des milieux confinés, comme les mosquées», explique la commission de la Fetwa dans un communiqué.
Pour la même instance, qui a eu à s’exprimer plusieurs fois, notamment avant le mois de Ramadhan, cette fermeture n’est pas définitive et recommande la «vigilance» et «la patience» jusqu’à la «disparition» des causes et des maladies ayant mené à la fermeture des mosquées. «A ce moment-là, les Algériens pourront retourner dans les mosquées», promet la commission, qui préconise la prudence et la vigilance au moment où des voix, visiblement peu soucieuses de la vie des gens, veulent forcer les autorités politiques à la réouverture des mosquées quelles que soient les conditions.
L’argument exhibé par ces voix renvoie à ce qui a été décidé ailleurs, citant plusieurs pays comme la Tunisie, la Turquie et la France et bien d’autres, qui ont autorisé la réouverture des mosquées sous des conditions sanitaires strictes, comme le port du masque, la distanciation physique, la désinfection des mains avant d’entrer à la mosquée. La commission de la Fetwa du département des Affaires religieuses ne semble pas pour autant être tentée par une comparaison avec ce qui se passe ailleurs.