Un décret exécutif fixant les modalités  d’établissement de la liste des médicaments essentiels qui satisfont les  besoins prioritaires de la population en matière de soins de santé et  choisis compte tenu de leur intérêt de santé publique, des données sur leur  efficacité et leur sécurité et de leur coût/efficacité par rapport à  d’autres médicaments, est paru au journal officiel n40. Il s’agit du décret exécutif n 21-224 du 24 mai 2021, signé par le Premier  ministre, Abdelaziz Djerad, qui stipule que la liste des médicaments  essentiels vise à améliorer la qualité des soins, la gestion du médicament  et le rapport coût/efficacité de l’utilisation des ressources financières  dédiées à la santé, tout en spécifiant que les médicaments essentiels  « doivent être disponibles et accessibles en tout temps et en tout lieu du  territoire national », conformément à la législation et à la réglementation  en vigueur. Cette liste « est fixée par arrêté du ministre chargé de l’industrie  pharmaceutique », par classes thérapeutiques, en dénominations communes  internationales – formes-dosages, assortie des règles pertinentes de bon  usage du médicament, précise le texte. Le décret ajoute qu’elle intègre les noms de marques des produits  enregistrés correspondants issus de la fabrication locale, les produits  génériques et bio thérapeutiques similaires et, à défaut ou en complément,  les autres produits importés, actualisés mensuellement, tout en mentionnant  les médicaments essentiels pour lesquels des installations ou des services  ou des formations spécialisées sont nécessaires et ceux ayant des coûts  significativement plus élevés ou un moins bon rapport coût/efficacité dans  diverses situations.  De plus, cette liste indique les médicaments reconnus comme essentiels qui  sont insuffisamment fabriqués ou strictement importés aux fins, notamment  d’orienter les projets de production pharmaceutique, selon le même texte. Le décret mentionne que la mise à jour de cette liste doit s’effectuer  dans les mêmes formes, « une fois par an et, à chaque fois que nécessaire,  sur demande des institutions et organismes compétents ainsi que des  organisations professionnelles et/ou scientifiques concernées ». Cette mise à jour doit refléter les progrès thérapeutiques et les  changements intervenus au niveau du coût, de l’intérêt du point de vue de  la santé publique et, le cas échéant, du tableau de la résistance, ainsi  que l’évolution et le développement de la production pharmaceutique  nationale, détaille le texte exécutif. L’inscription sur la liste des médicaments essentiels des nouveaux  médicaments classés innovants et apportant un progrès thérapeutique  tangible, selon les niveaux de preuves scientifiques pour traiter notamment  les maladies graves et/ou prévalentes ou répondant à des besoins médicaux  non couverts ou insuffisamment couverts par d’autres alternatives  thérapeutiques existantes, sera assortie de mesures et de conditions  particulières, visant à garantir leur disponibilité et leur accessibilité à  des prix abordables et soutenables pour le système national de santé et la  sécurité sociale, souligne le décret. Le décret définit les critères qui président à la sélection des  médicaments à inscrire sur cette liste par : les données en matière  d’efficacité et de sécurité, qui doivent être sûres et suffisantes,  l’intérêt de santé publique, les données relatives à la production  pharmaceutique nationale, la forme galénique appropriée et la qualité  assurée. En plus du rapport coût/efficacité relatif à l’intérieur de la même classe  thérapeutique avec prise en compte du coût unitaire et du coût total du  traitement comparé à l’efficacité pour les produits importés, cette  évaluation peut s’étendre aux médicaments comparables relevant de classes  thérapeutiques différentes ainsi que la prise en compte d’autres facteurs,  telles les propriétés pharmacocinétiques et les considérations locales  relatives au stockage, le cas échéant. L’évaluation de ces critères s’effectue sur la base d’éléments factuels et  des niveaux de preuves scientifiques par un « comité » créé auprès du  ministre chargé de l’industrie pharmaceutique et composé d’experts  multidisciplinaires chargé d’émettre un avis sur la liste des médicaments  essentiels, conformément aux dispositions du présent décret. Ce comité fait appel aux comités d’experts cliniciens auprès de l’agence  nationale des produits pharmaceutiques et peut, également, faire appel « à  toute personne susceptible de l’éclairer dans ses travaux », d’après le JO. Le comité élabore un rapport annuel sur ses activités comprenant des  propositions relatives à la stratégie et à la mise en œuvre de la liste des  médicaments essentiels, y compris en termes d’impact sur le développement  de l’industrie pharmaceutique nationale, ajoute le décret.