Le Syndicat national des médecins libéraux (SNML) a décidé de ne plus contraindre les médecins libéraux à se conformer à ses directives ou décisions concernant l’exercice médical et la continuité de soins. Le SNML laisse le choix à chaque libéral de la «poursuite ou suspension» de ses activités, et ce, en fonction des moyens de protection dont dispose chaque professionnel, a-t-il indiqué dans un communiqué rendu public.


Il y a quelques semaines, le SNML avait proposé «l’organisation de l’activité médicale libérale» en assurant des permanences vu que les praticiens de santé privés sont dans «l’obligation» d’assurer un «service minimum» de leur activité de soins. Mais, aujourd’hui, il estime que les médecins libéraux ne sont pas assez protégés pour pouvoir prodiguer des soins, évoquant en particulier une situation désastreuse pour le personnel soignant et qui se sont vus contraints de rouvrir leurs cabinets médicaux sous peine de poursuites judiciaires. Pour le syndicat, les médecins libéraux travaillent avec le risque d’être contaminés, de contaminer les patients et leur entourage, car ils sont «dépourvus» de moyens de protections. Le SNML estime ainsi qu’il se doit de dénoncer le «risque encouru» par le médecin libéral qui se trouve «dépourvu de moyens de protections adéquates» et se trouve de ce fait «devant l’incapacité de poursuivre son exercice professionnel».
Le syndicat estime que les libéraux ont payé un «lourd tribut» lors de cette épidémie, un tribut qui «risque de s’alourdir si les libéraux ne sont pas correctement protégés». Il invite dans ce sens, les médecins du secteur privé à agir selon leur «conscience» en choisissant de travailler «s’ils disposent des moyens de protection personnelle adéquate pour la poursuite de l’activité de soins ou d’arrêter d’exercer s’ils estiment que leur sécurité et celle de leur personnel n’est plus assurée du fait de l’absence des moyens de protections». L’activité médicale en ce moment peut mettre en danger la vie des patients à un risque certain de maladie ou de mort par une contamination au coronavirus, ajoute le syndicat.
Dans le même contexte, le syndicat explique que les libéraux n’ont pas été approvisionnés en kits de protection réclamés par les professionnels comme il se doit et ce, un mois après la mise en place du dispositif de distribution des moyens de protection des médecins, décidé en commission ministérielle au niveau du ministère de la Santé. «Le SNML n’a pu que constater la triste défaillance des uns et des autres, tandis que dans d’autres wilayas, des médecins ont été dotés d’un nombre dérisoire de bavettes chirurgicales qui ne constituent nullement une protection fiable du personnel soignant». Le Syndicat national des médecins libéraux avait alors défini la composition du kit de protection attendu par les praticiens consacrés par une note ministérielle. Pis encore, dénonce le syndicat, «de nombreuses wilayas, allant à l’encontre des décisions retenues, sont restées à ce jour sans commission ad hoc, créées par les Directions de santé publique (DSP) de chaque wilaya, et qui sont censées établir des listes des pharmaciens référents, afin que les libéraux puissent s’approvisionner en moyens de protection».