Ils étaient nombreux ces usagers des trains de banlieue à ne pouvoir se déplacer hier comme ceux ayant réservé leur place sur le réseau grande ligne qui, en cette période estivale, enregistre une grande affluence. Et pour cause. Les mécaniciens de la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) ont observé un arrêt de travail, immobilisant ainsi tout le trafic par train.

Par Bouzid Chalabi
Dans le hall de la grande gare d’Agha, où s’est rendu, hier, Reporters, des familles entières continuaient à espérer qu’on leur annonce leur départ. Mais en vain, aucun responsable de la gestion de cette gare n’était en mesure d’avancer quoi que ce soit, ni sur le retard ni sur la reprise imminente du trafic. Face à cette situation, il ne restait plus aux usagers qu’à rebrousser chemin bien que certains disposaient d’un billet payé d’avance.
Ce faisant, du côté de la cellule de communication de la SNTF, que Reporters a pu joindre, on s’étonne que le syndicat à l’initiative de cette grève n’ait pas respecté la démarche légale à suivre entre autres l’annonce d’un préavis de grève. «C’est une grève sauvage car elle a fortement pénalisé nos usagers», atteste le responsable de cette cellule, Djamel Challal.» Affirmant, par ailleurs : «L’initiative du syndicat de se mettre à l’arrêt est étonnante dans la mesure où ce dernier a rencontré la Direction générale, lundi dernier et où des décisions ont été prises afin de donner des réponses aux doléances des mécaniciens. Rien ne présageait donc que le syndicat passe à cette décision extrême qui relève beaucoup plus de l’incompréhensible, voire même de l’inacceptable, aux yeux des centaines d’usagers, tributaires du transport sur rail pour se rendre à leur travail». Ce même responsable nous a confié que «La Direction générale continue de recevoir le syndicat des mécaniciens afin de débloquer ce mouvement de grève», nous rappelant que la SNTF a commencé «à mettre en place tout un dispositif pour assurer un service minimum dans l’attente que le trafic reprenne dans sa totalité». Par contre, du côté du syndicat, on est décidé à poursuivre le mouvement de grève si la Direction générale continue «à ne pas respecter ses engagements pris auparavant», lâche un mécanicien rencontré sur un quai de la gare d’Agha. Il va sans dire que pour ce syndicat, les doléances formulées sont tout à fait légitimes «mais jusqu’à présent, elles ne sont pas traduites par des décisions favorables mais seulement par des promesses qu’elles vont être étudiées sérieusement». De ce fait, «il ne restait au syndicat que de recourir à un mouvement de protestation fort, celui de se mettre en grève tout en prenant en compte les désagréments chez les usagers dont la Direction générale est grandement responsable», selon le syndicat des mécaniciens.
Aux dernières nouvelles les trains devraient circuler aujourd’hui après que la Direction générale se soit engagée à répondre aux principales doléances des mécaniciens.