L’échéance des élections législatives anticipées ne tardera vraisemblablement pas à planter son décor. L’officialisation de la dissolution de l’APN sera ainsi suivie par l’adoption, dans les prochains jours, de l’avant-projet de loi portant régime électoral au stade d’enrichissement par le comité Laraba, une étape qui ouvrira la voie à la convocation du corps électoral.

Mais en attendant que la partition ne se mette davantage en orbite, force est de constater que des formations politiques œuvrent d’ores et déjà à se placer dans un champ politique à plusieurs inconnues, alors que d’autres temporisent encore, au moment où il est loisible de relever la très probable arrivée de nouveaux acteurs issus du mouvement associatif, mais qui se donnent désormais des ambitions politiques.
Dans le registre des partis qui se préparent à la compétition électorale, on peut citer le MSP, qui n’a pas caché ses ambitions de se lancer dans la bataille vers l’Hémicycle Zighout-Youcef. Son chef, Abderezak Makri, soutient, à chacune de ses déclarations, que le parti est prêt. «Ce sont les élections législatives anticipées à engager après dissolution de l’actuelle Assemblée qui nous renseigneront sur les chances de succès des réformes», a-t-il déclaré récemment dans ce qui sonne comme une déclaration de participation. «Si l’échéance législative ne réussit pas, tout le scénario sera un échec, tandis qu’une élection législative réussie prouverait les bonnes intentions des autorités», a plaidé Makri, qui n’hésite pas à égratigner les partis opposés à la tenue de cette échéance comme le PT de Louisa Hanoune.
Autre formation attendue dans la compétition, Jil Jadid de Soufiane Djilali, dont la participation serait une première et qui pourrait être un test pour le parti. «La classe politique attend le lancement de la loi électorale pour enfin connaître les règles du jeu politique, afin que tous les partis soient assurés que cette loi assurera la transparence et l’intégrité du processus électoral», a indiqué Soufiane Djilali, président de Jil Jadid. Pour le même responsable, les institutions en place «n’avaient aucune crédibilité et aucune légitimité», estimant nécessaire d’aller vers «des institutions propres qui ont une légitimité», relevant que celles en place «représentent l’ancien régime» de Bouteflika.
Chez les partis traditionnels notamment ceux de la majorité présidentielle, FLN et RND, qui ont constitué aussi la majorité parlementaire dans l’Assemblée dissoute, nul doute que le temps est aussi à la participation, selon les déclarations de leurs chefs. Mais en présentant vraisemblablement l’encombrant héritage d’avoir accompagné le régime Bouteflika pendant 20 ans. Avec probablement aussi le probable tarissement de l’appui habituel de l’administration pour ces partis dans différents scrutins. Un scénario qui demeure possible, notamment si l’on se fie au fait que le président de la République a laissé en rase campagne ces partis dans sa dernière série de consultations politiques.
Par ailleurs, chez les partis du courant démocratique, les intentions ne sont pas encore affichées bien qu’on serait davantage proches de l’option de boycott que de celle de la participation. C’est ce que laisse croire, par exemple, l’avis de la secrétaire générale du PT à propos du futur code électoral qualifié de «rétrograde» car «basé sur les corporations et le tribalisme», ce qui va faire «exploser la corruption», a-t-elle mis en garde. Par ailleurs, cette échéance constitue également une aubaine pour les partis politiques sans véritable ancrage dans la société pour défendre leurs thèses.
Concernant le déroulement de cette élection, la Constitution stipule que les élections législatives ont lieu dans un délai maximal de trois mois après la dissolution. «Dans le cas où ces élections ne peuvent être organisées dans les délais prévus en raison d’une impossibilité quelconque, ce délai peut être prorogé d’une durée maximale de trois mois après avis de la Cour constitutionnelle», est-il indiqué dans la loi fondamentale. n