PAR NAZIM B.
Le Parti des travailleurs (PT) a fait part, une nouvelle fois, de ses inquiétudes sur l’érosion du pouvoir d’achat des Algériens qui font face à une flambée des prix de produits de première nécessité sur le marché, tout en s’ interrogeant sur l’impact réel des mesures prises par le gouvernement.
«Les mesures sociales prises par les autorités au début de l’année, à savoir l’augmentation du nombre de points indiciaires pour les salariés de la Fonction publique, la réduction de l’IRG, le gel de certaines nouvelles taxes et l’introduction de l’allocation chômage ont-elles endigué la pauvreté ou inversé sa tendance ?», s’est interrogé le parti de Louisa Hanoune dans le rapport d’ouverture de la dernière réunion de son Bureau politique.
Le parti trotskiste établit, en effet, un tableau peu reluisant de la situation sociale de l’ensemble des Algériens. «Après un été très difficile à cause des températures infernales, des incendies meurtriers, de l’effondrement du pouvoir d’achat, de la flambée inégalée et continue des prix des produits de large consommation, poussant la majorité dans la détresse sociale, la rentrée sociale et scolaire vient de confirmer une dégradation épouvantable des conditions de vie et d’enseignement pour la majorité des familles», a pointé le parti de gauche.
Dans son argumentation, le PT a évoqué «des parents incapables d’assurer les fournitures scolaires pour l’ensemble de leurs enfants faute de moyens, les prix ayant augmenté de 300%, et pointe à l’horizon l’exclusion des filles du système scolaire, sacrifiées… la prime de scolarité de 5 000 DA par enfant destinée aux familles dites démunies ne couvrant même pas 10% du coût de la rentrée alors que la pauvreté s’étend désormais à de très larges couches. C’est là, une régression qui interpelle toutes les consciences».
En ce qui concerne l’aspect pédagogique et les conditions dans lesquelles se déroule la scolarité, le parti de Louisa Hanoune évoque ce qu’il considère comme «la conséquence du retour sans préparation à l’ancien système d’enseignement par l’abandon du système d’enseignement par groupes appliqué à cause du Covid, la surcharge des classes est effrayante dans toutes les régions atteignant jusqu’à 60 élèves par classe, y compris à Alger…» Le PT ne cache pas son inquiétude. «Le manque des conditions élémentaires d’enseignement dans les écoles, est sans précédent, chaises, tables, casiers individuels pour régler le problème du poids du cartable et y compris la sécurité, pour les tablettes (seulement dans des écoles pilotes), n’a pas été prise en charge», reproche le PT.
«Cette situation épouvantable et le recours parfois au jumelage CEM-écoles primaires ont poussé les parents d’élèves dans certains endroits à retirer leurs enfants de l’école et organiser des mouvements de protestation», regrette-t-il.
«Les images choquantes d’enfants rejoignant les classes avec des chaussures et des vêtements déchirés le jour de la rentrée scolaire dans certaines wilayas témoignent de la déchéance sociale. Et on ose clamer que la rentrée est réussie alors que les syndicats de l’éducation ne cessent de tirer, en vain, la sonnette d’alarme sur les conditions catastrophiques de la rentrée, les déficits étouffants sur le plan humain et matériel, avançant les solutions», s’indigne encore la formation de Louisa Hanoune.
Pour la même formation politique, «en vérité, il n’y a pas de retour à l’enseignement normal d’avant-Covid partout puisque le système de l’alternance est toujours en vigueur dans certains établissements en l’absence du nombre suffisant d’enseignants, de travailleurs et d’infrastructures, alors que le nombre d’élèves scolarisés a atteint 11 millions».
Le parti a relevé, dans ce sens, que «le volume horaire est toujours le même pour ces apprenants, celui de la période Covid/confinement, qui a eu des conséquences graves sur le niveau scolaire et les enseignants qui ont vécu dans un état d’épuisement perpétuel à nos jours».
Quid de l’introduction de l’anglais en 3e année primaire ? Le PT a estimé qu’elle s’est opérée «dans l’improvisation, sans aucune préparation également», considérant qu’ elle a induit «une situation irréelle» avec un enseignant d’anglais pour 6 écoles, parfois situées dans des APC différentes ou encore, un enseignant d’anglais pour un CEM et plusieurs écoles primaires à la fois.
Pour le PT, «les conséquences seront là aussi pires que celui qu’a entraîné l’arabisation, sans transition, c’est-à-dire dans l’improvisation, pour des motivations avant tout idéologiques par le passé et dont les conséquences ont été néfastes à ce jour sur l’enseignement en général et des langues en particulier». n