Le Syndicat national des imams a interpellé, hier, le président de la République à propos de la situation d’insécurité que subit sa corporation. En froid avec le ministre des Affaires religieuses Mohamed Aïssa depuis plusieurs mois, le Syndicat national des imams, présidé par Djelloul Adjimi, n’a pas trouvé d’autres recours que de s’adresser au président de la République lui-même l’appelant à « protéger la corporation des imams, les hommes de foi ainsi que les cheikhs des zaouïas, des agressions, des harcèlement et des atteintes dont ils font l’objet lors de l’exercice de leur fonction ».

Cette interpellation de la plus haute autorité du pays intervient suite à l’assassinat d’un imam et muezzin de la wilaya de Laghouat, cheikh Omar Chedad. Cet assassinat, qui a eu lieu dans l’enceinte même de la mosquée de Laghouat, a mis en émoi toute la corporation des imams. Le syndicat dénonce tout autant, dans un communiqué rendu public hier, « le harcèlement » à l’encontre d’un imam dans la commune de Besbes à El Tarf, « qui a fait l’objet de provocations à l’intérieur de la mosquée ». Tout comme il est question de la dénonciation de « l’atteinte » dont a fait l’objet l’inspecteur des affaires religieuses de la wilaya de Tiaret. L’organisation de Djelloul Adjimi revendique la vérité à propos de ces « cas de dépassement avéré qui altèrent le bon fonctionnement des lieux de culte». « Nous revendiquons que la lumière soit faite sur les conditions de l’assassinat de l’imam de Laghouat et des dépassements dont font l’objet les imams», lit-on dans le communiqué du syndicat. Le Syndicat national des imams ne manque pas non plus d’interpeller le Parlement à travers ses deux chambres, l’Assemblée populaire nationale (APN) ainsi que le Sénat, « afin de légiférer au plus vite des lois de protection des imams dans l’exercice de leurs fonctions ». L’organisation de Adjimi ne manque pas de décocher des flèches à l’endroit du ministre de tutelle pour «son silence à l’endroit des agressions répétées contre notre corporation». « Nous portons l’entière responsabilité au ministre des Affaires religieuses et des Waqfs pour sa négligence, son absence de réaction ainsi que sa nonchalance face aux agressions et autres provocations que nous subissons et subissent les imams dans l’exercice de leurs fonctions ». Tout comme ils prennent à témoin l’opinion publique sur la relation qu’entretient le syndicat avec le ministre des Affaires religieuses : « Nous dénonçons le fait que le ministre se contente d’un traitement superficiel par rapport à nos doléances, uniquement dans un but médiatique », fait remarquer l’organisation syndicale, avant d’endosser la responsabilité, encore une fois, du ministre de tutelle pour le retard pris dans l’élaboration des lois « à même de protéger notre corporation de toute atteinte ». « Le ministre des Affaires religieuses nous a marginalisés de façon volontaire et ne donne aucune considération au partenaire social et aux problématiques qu’il lui soumet ».