Le Syndicat national des enseignants hospitalo-universitaires (Snechu) a décidé d’entamer une grève illimitée, à partir du 29 avril, avec arrêt de toutes les activités d’enseignement de graduation et de post-graduation, a annoncé hier sa présidente, le Pr Wahiba Ouahioune, lors d’une conférence de presse, animée hier au CHU Mustapha-Pacha.

Cette grève intervient après «plus de trois ans de négociations sans résultat», a indiqué la syndicaliste, expliquant que les négociations sont restées infructueuses en l’absence de textes d’application.
Les enseignants dénoncent leur marginalisation par les autorités concernées. Le Pr Ouahioune a détaillé l’ensemble des revendications des enseignants. Celles-ci ont trait à la reconduction de l’activité lucrative qui permet aux professeurs d’exercer dans le privé durant les week-ends et les jours fériés. «Le professeur préfère aller dans le privé pour un salaire 30 à 40 fois supérieur à celui qu’il a dans le secteur public», dira-t-elle, précisant que cette interdiction d’activité lucrative avait été gelée verbalement par l’ancien ministre.
Les enseignants hospitalo-universitaires réclament également la révision de leur statut particulier, datant de 2008 et qui «n’est plus valable en 2018», soutiennent-ils. Ils revendiquent, en outre, une journée pour faire des activités d’études et de recherches, mais aussi des vacances «comme tous les enseignants universitaires qui bénéficient de deux mois en plus des vacances universitaires». Les syndicalistes expliqueront que le prétexte des répercussions économiques ne peut pas être utilisé dans leur cas parce que le nombre d’enseignants hospitalo-universitaires est de 4 200 au niveau national. Pour le bon déroulement des négociations avec la tutelle, le Snechu demande l’installation de commissions interministérielles (Santé, Enseignement supérieur et Travail). En cas de non satisfaction des revendications, il menace de «paralyser les hôpitaux» par une grève des soins. «Le service minimum et les urgences ne seront pas touchés», ont rassuré les membres de ce syndicat, en rappelant que ce service minimum fait partie du code de déontologie. Interrogée sur les retombées de la grève des résidents, qui dure depuis six mois, sur le travail des services hospitaliers, le Pr Ouahioune dira que cette action a causé des perturbations dans les services, entraînant une charge de travail supplémentaire pour les maîtres assistants, qui «eux aussi sont sous-payés», a-t-elle conclu.