A peine les partis de l’Alliance présidentielle ont-ils désigné Abdelaziz Bouteflika comme leur candidat à l’élection présidentielle du 18 avril prochain que la machine électorale s’est mise en marche et que les soutiens se succèdent.
Hier, c’était au tour des trois groupes parlementaires à la chambre haute du Parlement, représentant la majorité, de se joindre à la partie. Les sénateurs du tiers présidentiel, du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND) se sont déclarés pour la candidature de l’actuel chef de l’Etat, affirmant leur disposition à participer activement à réussir sa campagne.
«Les groupes parlementaires du Conseil de la nation (le tiers présidentiel, le partis FLN et RND), conscients de l’importance de la prochaine échéance électorale dans le processus de l’édification d’un Etat de droit et de justice, entamé par Son Excellence le président de la République, depuis son accession au pouvoir en 1999, conscients des défis qui pèsent sur la nation, fiers des multiples réalisations concrétisées et des profondes réformes dans un climat de paix et de stabilité, appellent M. Abdelaziz Bouteflika, qui a dirigé l’Algérie avec sagesse et vision (…), à poursuivre de diriger le pays», peut-on lire dans un communiqué commun des trois groupes publié sur le site du Sénat. Cette chambre du Parlement n’avait pourtant pas à communiquer ce «soutien» sur son site officiel, d’autant qu’il s’agit d’une institution législative et se devait de prendre ses distances du pouvoir exécutif. D’autant qu’en son sein siègent des sénateurs de l’opposition.
Passé ce détail, les sénateurs de la majorité, comme pour afficher leur adhésion et leur alignement en ordre de bataille après que les quatre chefs des partis de l’Alliance se soient réunis et aient parlé d’une seule voix en faveur de Bouteflika, «déclarent leur soutien à sa candidature et à toutes les mesures qu’il proposera pour compléter son programme en vue de l’approfondissement du processus démocratique, renforcer les réformes économiques et continuer le travail dans le cadre de la justice sociale». Ceci, avant d’affirmer leur «disposition à participer à la réussite de la campagne électorale de cette échéance» et à mobiliser indirectement les habitants dont ils ne doutent pas qu’ils «soient conscients de son importance et qu’ils se dirigeront le 18 avril prochain aux urnes pour participer massivement à l’élection présidentielle».
Les sénateurs se permettront même une consigne de vote en appelant à «choisir la voie de la paix et de la
stabilité et du renforcement du développement, en renouvelant l’engagement avec l’homme dont les
réalisations ont prouvé la justesse de la politique appliquée depuis deux décennies».
Vers le rappel de Sellal
Avec l’implication des sénateurs, la machine de la campagne électorale en faveur de Bouteflika se renforce. Pour Bouteflika, qui pourtant ne s’est pas encore exprimé sur ses intentions de briguer ou pas un autre mandat, ce sont tous les soutiens qui se mettent en ordre de bataille avant qu’il ne déclare officiellement sa candidature. Une annonce qui devrait se faire par une lettre-programme qu’il va adresser au peuple algérien dans les tout prochains jours, comme l’a affirmé Ahmed Ouyahia, patron du RND, dimanche lors de sa conférence de presse. Le Premier ministre, ne laissant pas de place au doute, dira que «Bouteflika sera candidat à 99%». Une candidature qui devra aussi être une réponse à des sollicitations, puisque même dans le monde du travail, au sein de la société civile et dans le milieu économique, nombre d’organisations à l’instar de l’UGTA et du FCE, outre la famille révolutionnaire, ont appelé le Président Bouteflika à «poursuivre sa mission» et à se présenter à la présidentielle du 18 avril. Pour cette armada d’acteurs prêts à mener la campagne, il ne manque qu’un dirigeant.
Le directoire de campagne de Bouteflika devra être annoncé sous peu et d’ores et déjà le nom de Abdelmalek Sellal est mis sur la table. L’ex-Premier ministre, qui a déjà eu à diriger la campagne du même candidat lors des présidentielles de 2004, 2009 et 2014, est le favori pour la même mission.n