L’Algérie a condamné fermement l’attaque contre des institutions de l’Etat au Brésil, certifiant son rejet de toute démarche capable de semer le chaos et de bousculer la stabilité du pays.

Par Hamid Bellagha
Le communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger ne laisse aucun doute quant au rattachement de l’Algérie aux formes universelles de la démocratie et précise que «suite aux récents évènements enregistrés dans la République fédérale du Brésil, l’Algérie exprime sa vive condamnation de l’assaut contre des institutions de l’Etat au Brésil et son rejet de tout acte susceptible de semer le chaos et d’ébranler la stabilité dans ce pays ami».
Unanimement, toutes les capitales de la planète ont exprimé leur rejet de la violence qui a ébranlé Brasilia. De Washington à Pékin, en passant par Paris, Kuala Lumpur ou New Delhi, tous les dirigeants ont condamné fermement les évènements fâcheux qui ont ciblé les bâtiments officiels de la République.
Déjà, les autorités judiciaires au Brésil ont lancé les premières enquêtes pour induire les implications de la prise d’assaut de plusieurs bâtiments officiels dimanche par des partisans de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro à Brasilia.
Ce chaos organisé et pas du tout le fait de quelques excités a rappelé fortement l’invasion du Capitole à Washington, il y a deux ans, suite aux «instructions du Président américain sortant». Les forces de l’ordre ont quand même repris le contrôle de la situation, du palais présidentiel, du Congrès et de la Cour suprême, après les troubles de plusieurs heures qui ont caractérisé la capitale des Cariocas. Curieusement, les émeutiers étaient quasiment tous habillés de maillot jaune de la seleçao. «Les putschistes qui ont promu la destruction des propriétés publiques à Brasilia sont en train d’être identifiés et seront punis. Demain nous reprenons le travail au palais de Planalto. Démocratie toujours», a tweeté le président Lula qui a examiné les bâtiments saccagés à son retour à Brasilia.
Plus de 300 personnes ont été arrêtées et le Parquet général a réclamé l’ouverture immédiate de recherches pour ajuster «la responsabilité des personnes impliquées» dans la tentative de mettre fin à la présidence du président installé il y a juste une semaine, et espéré le retour de Bolsonaro.
Les zones ciblées avaient été cernées par les autorités. Mais les bolsonaristes sont arrivés à défaire les cordons de sécurité. Les trois palais, qui sont des modèles de l’architecture moderne pullulant d’œuvres d’art, ont été vandalisés à l’extrême et plusieurs ouvrages sont désormais irrécupérables.
Tout comme l’assaut du Capitole, les réseaux sociaux ont été les véritables médias qui ont de suite posté des vidéos montrant des bureaux de parlementaires ravagés, mais pas seulement. Des feux ont été déclarés aussi sur place ainsi que des agressions des personnels des trois institutions qui ont tenté de s’opposer aux fous de Bolsonaro.
Même les journalistes n’étaient pas en reste et ont été aussi agressés, dont un photographe de l’AFP qui a essuyé les foudres des manifestants, blessé et détroussé de son matériel de photographie.
Un véritable mimétisme de l’offensive sur le capitole puisque les manifestants ne reconnaissaient pas les résultats du vote ayant évincé leur gourou. «Nous ne reconnaissons pas ce gouvernement parce qu’il est illégitime, nous ne reculons pas, nous allons partir d’ici mais nous reviendrons», ont promis plusieurs «redresseurs de torts».
Jair Bolsonaro, source de toute la pagaille à Brasilia, se trouve actuellement aux Etats-Unis, où il est parti avant l’intronisation de Lula. Il a quand même condamné, mais n’en pense pas moins, «les déprédations et invasions de bâtiments publics», tout en rejetant catégoriquement «les accusations, sans preuve» de son successeur sur son implication dans les violences, au moment même où nombre de ses fédérés se sont détachés des violences de dimanche. Des bolsonaristes, rappelons-le, se révélaient devant des casernes militaires depuis la défaite du président Bolsonaro, annonçant les ravages qu’ils allaient causer aux symboles de l’Etat brésilien. Ils exigeaient l’ingérence de l’armée pour barrer la route du palais présidentiel à Lula, de retour pour un troisième mandat. <