Le stress hydrique vient de rentrer, et tout semble que ce sera pour une longue durée, dans le lexique des termes coutumiers des Algériens. L’eau est officiellement déclarée denrée rare, et il va falloir s’habituer avec cette situation. L’annonce, hier, par le SG du ministère des Ressources en eau, que 22 wilayas étaient fortement touchées par le stress hydrique vient s’ajouter aux lots des mauvaises nouvelles. Aux fortes crises économique et sanitaire, vient ainsi s’ajouter, au grand dam des citoyens, celle de l’eau. Et ce n’est que le début.
Toutefois, comment ne pas se poser des questions sur les raisons ! Elles s’imposent automatiquement quand il faut mentionner que lors des vingt dernières années, plus de 60 milliards de dollars ont été investis dans les infrastructures hydrauliques. Peut-être que c’était suffisant, peut-être pas, mais comment le savoir ? Et là, survient l’importance d’une « culture » totalement absente dans le paysage algérien, celle de rendre des comptes. L’impunité a trop longtemps sévit, et chaque responsable a toujours fait ce qu’il voulait des budgets qu’il avait en « main ». Toutefois, et le rappel est d’une grande importance, pour pouvoir demander des comptes, il faut avoir des mécanismes institutionnels fiables et légitimes et dont le rôle est de contrôler. Pour arriver à ce « stade », il n’y a pas d’autres issus que faire exister une véritable force citoyenne, dont l’existence demande l’implication des Algériens. Ces derniers, toujours dans une attitude d’attente, et souvent dans l’acceptation d’un statut d’assistés, en sont bien loin. Pourtant, le mouvement populaire déclenché le 22 février 2019 devait être le déclencheur du processus, celui de faire muter la population algérienne, du statut d’habitants à celui de citoyens. Tellement d’espoirs suscités pour arriver à un état des lieux bien déplorable.
Cependant, l’heure n’est pas au défaitisme (tellement voulu et crié par certains). L’Algérie a besoin d’Hommes avec un grand H qui puissent réunir toutes les forces vives existantes, et elles sont bien nombreuses. Cela peut paraître comme un stéréotype d’une langue de bois si utilisé sous les cieux DZ, mais il suffit de bien se pencher dessus pour comprendre que c’est vraiment possible. Si l’eau permet d’éteindre les feux de forêt, il est également possible que la crise qui porte son nom puisse bloquer les « souffleurs » de braise, quels qu’ils soient. L’heure est à la recherche de solutions et non à créer plus de niches de tension.