Subitement, depuis vendredi soir, les Algériens se sont retrouvés à épier toute information concernant le nouveau drame venu noircir le ciel du pays. Les feux de forêt s’invitent au milieu de l’atmosphère lourde engendrée par la Covid-19. Ainsi plusieurs incendies ont été signalés dans plusieurs régions du pays. Dix wilayas touchées, rien que ça ! Au bout les bilans s’accumulent, et la tragédie est bien là. Déjà deux personnes décédées à Tipasa. Aux chiffres quotidiens de la pandémie, voilà que s’additionnent ceux des victimes des feux de forêt, qui malheureusement risquent d’augmenter.
A la tragédie humaine, s’ajoute le crime contre l’environnement. Les nombreux feux de forêt déclenchés ont engendré la destruction de plusieurs hectares d’arbres et de végétation. Une perte énorme. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a bien voulu rassurer, hier, en affirmant : « Nous ferons face aux feux de forêts d’origine naturelle par les campagnes de reboisement », tout en promettant que « chaque arbre perdu sera remplacé ».
Reste à connaitre les coupables. Les spéculations vont bon train, surtout en cette période propice à toutes les fake-news. Devant l’ampleur des incendies, l’incompréhension reste totale. Elle l’est d’autant plus que tout s’est déclenché quasiment en même temps et en plein automne ! Inhabituel et surprenant. Les « causes » sont-elles humaines ? Les feux de forêt ont-ils été déclenchés par des incivilités ? Par des pyromanes ? Ou encore par des personnes pratiquant des spéculations immobilières ? Des questions auxquelles il est plus qu’urgent d’avoir des réponses. Les résultats des enquêtes sont d’ores et déjà très attendus. Il y va de la crédibilité de l’Etat et du gouvernement. Le Premier ministre le sait que trop bien et sa réaction, hier, en donne un aperçu, « Si les enquêtes révèlent qu’il s’agit d’actes délibérés et prémédités, on ne sera pas tolérant vis-à-vis des ennemis de la vie et des détracteurs du pays ». L’intolérance devant les actes de destruction ne peut plus, et ne doit plus, être tolérée.