Dans sa quête permanente de la perfection, le sélectionneur national Djamel Belmadi se retrouve confronté à quelques largesses défensives inquiétantes décelées lors des dernières sorties de l’EN face aux Mexique (2-2) et Zimbabwe (victoire 3-1). Son équipe n’avait pas encaissé 3 buts en 2 matchs depuis la préparation de la Coupe d’Afrique des nations 2019 et les rencontres contre le Burundi (1-1) et le Mali (succès 3-2) à Doha (Qatar).

Si l’on cherche des rassurances, on peut les trouver dans la faculté du coach à remédier aux inexactitudes footballistiques et failles. D’Ailleurs, il a réussi à terminer le tournoi avec le trophée dans les mains et le statut de co-meilleure défense (2 buts concédés) en compagnie du Sénégal.
Toujours est-il qu’à force de concéder des actions, les « Fennecs », il y a le risque de voir les filets trembler. Sous la houlette de Belmadi, c’est arrivé à 16 reprises en 24. Dont une craquée jeudi dernier face aux Zimbabwéens pour le compte de la 3e journée des éliminatoires de la CAN-2022. Certes, la réalisation des visiteurs était anecdotique car elle n’a pas changé le fait que Mahrez & cie prennent les trois points pour consolider la première place (9 points) dans la poule « H ».

Projection – repli : exercice épuisant et exigeant
Toutefois, elle est venue rappeler que notre sélection présente, bien que cela soit récent et peut-être provisoire, une certaine fébrilité dans les phases défensives. Et quand on parle de défendre, on pense au devoir collectif auquel sont soumis les trois compartiments. Même si cette tâche incombe, particulièrement et concrètement, au milieu de terrain et l’arrière-garde. En jouant assez haut comme notre équipe nationale le fait, le repli à la perte de balle demande beaucoup d’énergie. Le coulissage du bloc doit se faire rapidement et efficacement.
Dans cet exercice, les Guerriers du Désert ont semblé, quelque peu, à la peine ces derniers temps. Il est certain que les automatismes prennent un sérieux coup après plus de 11 mois sans regroupement et travail commun en raison du Coronavirus.
Ajoutées à cela la forme athlétique qui diffère d’un élément à l’autre avec une compétitivité distincte dans les rangs des champions d’Afrique. Pour illustrer l’impact négatif de la halte, on relèvera que M’Bolhi et ses compères ont totalisé 5 clean-sheets (Sénégal, Bénin, Colombie, Zambie et Botswana) sur les 6 sorties avant que la pandémie ne vienne gripper la machine.

Quand Bennacer est moins frais…
Tous ces éléments réunis font que la transition devienne moins fluide donnant une défense plus exposée et des lignes plus étirées. C’était les cas contre les Mexicains avec la paire Tahrat – Mandi en charnière centrale expérimentale. La présence tentaculaire de Bennacer avait permis, même en infériorité numérique pendant 40 minutes suite à l’expulsion de son bras droit Adlène Guedioura, de combler certaines brèches lors de cette partie. Mais voilà que le Milanais a paru emprunté jeudi dernier au stade 5 juillet 1962 (Alger).
Conséquence immédiate : l’entre jeu de l’Algérie a vu les Warriors prendre l’ascendant bien que Mehdi Abeid ait pu maintenir le dispositif à flot. Vous l’avez donc compris, tout est question d’osmose et de complémentarité. Peut-être qu’avoir un Bennacer au top de sa forme, comme lors de la CAN-2019, au terme de laquelle il a été désigné MVP, aurait permis de limiter le danger des Zimbabwéens et permis de passer 90 minutes plus sereines.

Atal, élément vital
Avant d’affronter les camarades de Khama Billiat cet après-midi (14h) dans la capitale Harare, il y a ce manque de garanties défensives qui est préoccupant. L’absence d’un élément comme Youcef Atal, un des internationaux les plus utilisés par Belmadi et -par conséquent- vital pour l’équilibre du dispositif, ne peut qu’accentuer cette inquiétude. Malgré cela, le premier responsable de la barre technique d’El-Khadra, qui place une totale confiance en Mohamed Réda Helaïmia, nous a habitués à trouver des solutions pour gommer les imperfections.
D’autant plus qu’il a révélé qu’il ne veut pas faire le voyage pour rien avec l’intention de revenir avec les 3 points. Dans cette optique, il est nécessaire d’avoir l’arrière-garde (dont le retour de Djamel Benlamri dans son cœur devrait apporter plus de stabilité) la moins perméable possible et un onze des plus compacts. Cela assurera définitivement la qualification et rassurera les Algériens. n