Un scientifique abordant les domaines de ses compétences est toujours intéressant à suivre. D’où l’importance de l’entretien réalisé avec Youcef Boudjelal et que publie « Reporters » dans l’édition d’aujourd’hui. En tant que spécialiste en microbiologie et en virologie, son « appréciation » de ce qui entoure les vaccins anti-Covid et leur implantation attendue en Algérie ne peut être que observée avec attention. Elle est d’autant importante qu’elle permet de mettre en avant des faits et que seulement d’autres faits peuvent contredire. Donner de la visibilité à une source scientifique, c’est indéniablement une action de salubrité publique mentale d’une grande importance en ces temps de pandémie. Devant les nombreuses fake news, et « l’apeuprisme » des « savants » autoproclamés adeptes des googlarisations, il est nécessaire de ne pas négliger ce point.
Le contenu de l’entretien est d’autant intéressant qu’en plus de sa spécialisation, Youcef Boudjelal a une double casquette. Il est également le secrétaire général du Syndicat algérien des biologistes de la santé publique (SABSP). Un homme de terrain avec un discours scientifique, soit le profil adéquat pour être écouté, et ça ne devrait pas concerner uniquement le secteur de la santé.
Cette sortie médiatique permet surtout de voir plus clairement les approches à faire concernant tout ce qui va découler des vaccins anti-Covid. Au fil des jours et des semaines, la tension est en train d’augmenter de plus en plus que ce soit parmi la population ou parmi les travailleurs du secteur de la santé. Une question semble avoir une réponse définitive depuis peu, celle de la vente aux ou non des vaccins aux Algériens. Le ministre de la Santé a à nouveau affirmé que cette opération sera gratuite. Toutefois, le « suspense » reste entier sur d’autres points. Pour quel vaccin optera l’Algérie ? Quand sera-t-il disponible ? Deux interrogations qui n’ont pas encore de réponses officielles, mais auxquelles le SG du SABSP a donné quelques « pistes ».
Evidemment, il n’y a pas de vérité absolue surtout que le sujet des vaccins reste toujours vague, par manque de recul et en l’absence de résultats vérifiables. Toutefois, s’il faut oser « produire » un discours opposé, il faut se prémunir d’arguments scientifiques et de faits palpables. Et le « message » ne concerne pas uniquement les « anti-vaccins ».