Après la décision du chef de l’Etat de limoger la ministre des Transports, Lazhar Hani, la PDG d’Air Algérie, ainsi que le responsable du Catering au sein de la compagnie nationale «suite de l’engagement d’une opération d’importation de fournitures liées à l’activité de Catering sans tenir compte du contexte économique national et des orientations financières visant la gestion rationnelle des devises et la priorité à accorder à la production nationale», Reporters a tenté de se rapprocher des syndicats de la compagnie Air Algérie ou du moins de récolter des commentaires. C’était peine perdue car tous nos locuteurs se sont limités à dire «aucun commentaire sur le limogeage du PDG de la compagnie». Du côté d’Air Algérie Catering, filiale à 100% du groupe Air Algérie,
c’est aussi silence radio de la part de
certains responsables de la filiale. Mais toujours est-il qu’on apprendra de source concordante au sein de cette filiale qu’en dépit des instructions financières visant la gestion rationnelle des devises et la priorité à accorder à la production nationale dans le cadre des fournitures liées à l’activité catering «tout se déroulait comme si de rien n’était». En clair, dans les opérations d’importation du pavillon national, pour ce qui concerne son segment catering, on a «continué à privilégier des fournisseurs étrangers, alors que des fournisseurs locaux sont en mesure de le faire, autrement dit, remplissant sans failles les conditions du cahier des charges».
En somme, la «facture des approvisionnements libellée en devise étrangère sonnante et trébuchante n’a pas connu d’effet régressif au moment où cela était fortement indiqué compte tenu de la faiblesse des recettes extérieures du pays depuis quelques années», nous ont confié nos sources. D’autres estiment que «les factures d’achat de la filiale catering n’ont pas baissé, alors que le gros des avions du pavillon national était cloué au sol ?» Toujours dans ce même ordre, une source nous confie que «des contrats d’achat étaient conclus moyennant des ristournes. C’est pourquoi les bénéficiaires, habitués qu’ils étaient, ont fait fi de l’instruction de revoir à la baisse l’activité catering en donnant la priorité à la production nationale». D’autres se disent étonnés que ni le ministre ni le PDG d’Air Algérie ne se sont pas rendu compte que les instructions en question n’étaient pas appliquées à la lettre «ou ont tout simplement laissé faire».
Reporters s’est aussi rapproché des Syndicats des transporteurs routiers pour connaître leur point de vue sur le limogeage du ministre, avec lequel ils ont eu fort affaire durant toute la période de suspension de leurs activités. Ils se demandent à l’unanimité «si ce changement leur sera bénéfique» car, nous avoueront-ils, enfin, «certaines de leurs doléances sont toujours d’actualités et sur lesquelles le nouveau ministre pourrait se pencher».