Le tournage d’«Annette», qui a fait l’ouverture du festival de Cannes et est en lice pour la Palme d’or, s’est heurté aux exigences «parfois juste impossibles» de son réalisateur français Leos Carax, ont confié mercredi ses acteurs Marion Cotillard et Simon Helberg. «Leos me demandait de faire certains trucs qui étaient techniquement parfois juste impossibles», comme «enlever une main du piano, puis l’autre, tout en jouant», a rapporté lors d’une conférence de presse l’Américain Simon Helberg, qui interprète le rôle d’un pianiste d’orchestre, dans ce film musical fleuve sur la désunion d’un couple et le désamour du public. «Mais tu veux que je joue du piano sans les mains ?!», raconte-t-il avoir lancé au réalisateur. Celui-ci l’a aussi mis en difficulté en lui demandant de chanter une scène de bagarre, où il se retrouve la tête sous l’eau. «Tu veux que je chante tout en étant sous l’eau ?», lui a-t-il lancé, très embêté parce que, «bien sûr, je ne voulais pas décevoir mon réalisateur français»… «Monter sur le plateau, c’était un peu comme aller à l’église. C’était très profond, calme, mystique, exigeant et magnifique !», a-t-il ajouté. «Chaque jour était une surprise mais, en même temps, si profond», a également confié Marion Cotillard, qui décrit elle aussi une ambiance de tournage très singulière, marquée par la tabagie chronique du réalisateur, une compréhension réciproque «sans avoir tellement besoin de se parler» et des exigences physiques parfois insurmontables, comme chanter en marchant sans voir où poser ses pieds. «Chaque jour, il fallait chanter au milieu de la fumée de cigarette, vous ne pouvez pas imaginer comme c’est dur», a-t-elle dit. Et «même lorsqu’on se disait : +aujourd’hui je ne vois pas où ça sera difficile+, je me retrouvais à devoir chanter» dans un espace réduit, tout en marchant, «sans voir où j’allais. C’est la seule fois en fait où j’ai dit que je ne pouvais pas le faire, que c’était impossible et que j’avais peur de me casser la jambe», a-t-elle avoué.