PAR MILINA KOUACI
Depuis hier, les élèves des trois cycles sont appelés à composer pour le premier trimestre au moment où les affiliés au Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) poursuivent leur grève cyclique de deux jours, entamée le 2 novembre dernier.
Comme pour les devoirs, près de 10 millions d’élèves passent les examens du premier trimestre sous le signe de la contestation. En effet, le Cnapeste a poursuivi hier, pour la cinquième semaine consécutive, sa grève cyclique hebdomadaire de deux jours, également prévue pour demain mercredi.
Le syndicat, qui a annoncé le débrayage à la fin d’octobre, a décidé le maintien de son mot d’ordre, estimant que les réponses de la tutelle à ses revendications sont «peu satisfaisantes». Cette formation syndicale lui reproche, d’ailleurs, «l’absence de volonté» pour répondre à sa plateforme de revendications.
Le Cnapeste réclame l’amélioration du pouvoir d’achat, le rétablissement de la retraite anticipée, la médecine du travail, la prime de zone, la réduction du volume horaire et la dispensation des enseignants du primaire des tâches extra-pédagogiques ainsi que la levée des entraves à l’exercice syndical. Pour faire pression sur le ministère, les enseignants grévistes ont décidé de retenir les notes des élèves en ne les communiquant pas à l’administration, qui ne pourra pas, par conséquent, établir les bulletins.
Pour leur part, les parents d’élèves dénoncent le recours des syndicats enseignants aux arrêts de travail en prenant les élèves en otage. «Bien que la grève est un droit constitutionnel, l’intérêt de l’élève prime», selon Hamid Saadi, président de l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE), qui souhaite que les deux parties (syndicat et tutelle) dialoguent et trouvent une issue aux préoccupations des enseignants. Le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE), Ali Benzina, estime que les mouvements de grève vont également impacter le «rendement des élèves durant les examens ainsi que les résultats du premier trimestre». Ce dernier est «étonné» par l’attitude des enseignants qui font grève alors que l’Etat s’est engagé à satisfaire leurs revendications. «Les grèves du secteur se font chaque année pour les mêmes dossiers, dont certains ne peuvent être résolus dans l’immédiat».
Ce dernier s’inquiète du nombre des séances perdues depuis le début de la grève : «Le seul perdant est l’élève».
Le président de l’ONPE sollicite ainsi l’intervention du président de la République, du Premier ministre, des ministres de l’Education et du Travail, afin de mettre un terme aux grèves «répétitives» du secteur, sachant que le président de la République a instruit dernièrement à préparer un projet de loi cadre relatif à l’exercice syndical dans différents secteurs, lequel régira les droits et obligations et défendra les intérêts des fonctionnaires et travailleurs, loin des tractations partisanes et politiciennes.