Une semaine après la fin de la crise à l’Ecole supérieure des Beaux-arts, secouée par une grève de la faim de sept étudiants et qui a duré neuf jours, le ministre de la Culture Azzeddine Mihoubi a convoqué hier les représentants des étudiants pour une réunion de travail consacrée au volet pédagogique des revendications exprimées lors de la grève.

« Nous avons été reçus par le ministre de la Culture qui nous a annoncé que désormais notre diplôme sera signé par les deux ministères de tutelle, à savoir la Culture et l’Enseignement supérieur et il nous a fourni un document signé qui regroupe l’ensemble des décisions prises par rapport à nos revendications d’ordre pédagogique, dont l’instauration du système LMD, la refonte des programmes, mais aussi le règlement intérieur de l’école ainsi que les revendications d’ordre logistique», nous a affirmé hier M. Merouane, l’un des étudiants présents à cette rencontre en ajoutant qu’«un délai de 3 mois a été fixé à la commission mixte pour étudier le volet pédagogique de nos revendications».
Cette rencontre avec le ministre de la Culture intervient à point, vu que les étudiants de l’ESBA ont commencé à exprimer leur inquiétude face à la non-concrétisation de certaines revendications via un communiqué parvenu à notre rédaction.
« La reconnaissance des diplômes est certes une bonne chose, mais il faut noter que, contrairement aux promesses faites, la logistique n’a pas été prise en charge sachant qu’il s’agissait d’un problème crucial qui devait être résolu dans l’immédiat.
Jusqu’à aujourd’hui, la restauration n’est pas assurée pour les étudiants internes», nous a confié Belkiss Sergoua, étudiante à l’ESBA.
Concernant la reprise des cours dimanche dernier, les choses ne se sont pas passées comme prévu, nous a affirmé notre interlocutrice.
«Actuellement, c’est l’anarchie à l’école, car depuis la reprise des cours il y a des professeurs qui ne sont pas encore venus.
L’administration a failli à sa tâche qui est d’informer les enseignants de la reprise des cours », dit-elle. En plus, les étudiants dénoncent le manque de coopération de l’administration avec les étudiants.
« Quant aux rapports internes entre l’administration et les étudiants, aucune évolution n’est à signaler. En effet, force est de constater qu’un dialogue constructif n’est toujours pas envisageable face à un directeur qui refuse la réception de rapports pendant ses heures de fonction et qui refuse à nos représentants l’accès aux réunions internes pour l’élaboration du programme LMD. Le système administratif fonctionne au ralenti et s’octroie une autorité injustifiée dans le choix des étudiants représentants, et ce, sans prendre en compte l’élection d’une délégation qui nous représentera », rapporte un communiqué des étudiants de l’ESBA.

 

La commission de révision du statut de fonctionnement installée
Hier, le ministre de la Culture Azzeddine Mihoubi a procédé à l’installation de la commission de révision du statut de fonctionnement de l’Ecole supérieure des beaux-arts.
Elle est présidée par un haut cadre du ministère et composée de représentants du ministère de la Culture, de représentants de l’école (enseignants et membres de l’administration) et de personnalités issues de l’ESBA.
Il s’agit de Mme Dalila Orfali, directrice du Musée public national des Beaux-arts, de Djahich Mohamed, ancien directeur du MAMA, d’El Hachemi Amer, directeur de l’Ecole des Beaux-arts de Mostaganem, et de Kachkach Moussa, directeur de l’Ecole des Beaux-arts de Batna.
La commission est composée également de deux représentants des étudiants de l’ESBA. Elle a pour principales missions d’établir les besoins de l’Ecole en matière de moyens pédagogiques, d’engager un travail de réflexion sur la révision des programmes d’enseignement de l’ESBA et d’élaborer une plateforme de propositions à soumettre au ministre le 1er juin prochain.
La plateforme de propositions devra porter notamment sur la révision du statut de l’école, la révision et la proposition d’une nouvelle organisation pédagogique de l’école, l’actualisation des programmes avec pour principal objectif l’intégration du système LMD dans les nouveaux programmes, l’ouverture de nouvelles spécialités au sein de l’Ecole et une réflexion et proposition d’un programme de mise à niveau de la formation des formateurs.