Les étudiants en pharmacie de toutes les universités et de toutes les promotions sont en grève. Avant-hier, mardi, ils ont initié une marche en réponse à un appel national des représentants des étudiants en pharmacie, qui ont tenu à se mobiliser au même moment à travers les 48 wilayas pour interpeller le ministre de la Santé, celui de l’Enseignement supérieur et la Fonction publique.

A Oran, les étudiants ont tenu un rassemblement devant le siège de la wilaya. Ils se disent ballottés entre le ministère de l’Enseignement supérieur, celui de la Santé et la Fonction publique, mais aucune réponse à leurs revendications n’est venue apaiser les craintes de ces futurs cadres du pays, qui craignent et c’est légitime, pour leur avenir. Les étudiants en pharmacie, vêtus de leurs blouses blanches, se sont d’abord rassemblés devant l’inspection du Travail pour se diriger par la suite vers le siège de la wilaya avec l’espoir d’être reçus par les membres de l’APW, comme recours pour faire valoir leurs revendications, jusque-là, restées sans écho. Il faut savoir que les revendications sont les mêmes depuis le début du mouvement de protestation qui arrive aujourd’hui à son troisième mois. Les étudiants, dénoncent l’insuffisance de postes de résidanat, le manque de nouvelles spécialités et la quasi-absence de stages dans les grands laboratoires. « Après plusieurs tentatives de dialogue avec les ministères concernés, nous, étudiants en pharmacie des 10 départements que compte l’Algérie, sans exception, sommes en grève illimitée depuis le mois de novembre 2016 », affirme M. Hamza, étudiant en 4e année, interrogé devant le siège de la wilaya d’Oran. «C’est notre réponse face à la situation précaire que vit notre spécialité de plus en plus marginalisée dans la santé publique », dénonce le représentant d’Oran. Selon les étudiants, les postes de résidanat de spécialités biologiques sont « de plus en plus attribués à d’autres filières alors que le pharmacien est l’acteur de santé le mieux et le plus formé dans ce domaine ». Les étudiants en grève demandent « l’instauration de règles de répartition de postes de résidanat ». Ils réclament «un cadre juridique régulant la coordination entre les universités et les acteurs industriels étatiques et privés concernant la formation pratique des étudiants en matière d’industrie pharmaceutique ». Ils revendiquent aussi l’ouverture de nouvelles voies de spécialisation en pharmacie clinique et plus de stages dans des structures hospitalières pilotes. « Ces revendications sont tout à fait normales vu la situation actuelle. On ne peut pas développer le secteur pharmaceutique d’un pays sans former les ressources humaines nécessaires », explique notre interlocuteur, Hamza, porte-parole des étudiants en pharmacie pour Oran. Pour les représentant des pharmaciens d’officines, le Snapo, « même dans les spécialités existantes au niveau des CHU, les postes sont extrêmement limités. On ouvre deux ou trois postes à l’échelle nationale pour un concours qui concerne des milliers de candidats.» «Il faudrait associer l’université, la recherche et l’industrie pharmaceutique pour former plus et assurer le développement du secteur. Les laboratoires multinationaux implantés en Algérie peuvent aussi former des gens. Des possibilités existent mais les décisions ne sont toujours pas prises».