Les étudiants de la faculté de médecine, spécialité chirurgie dentaire de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, ont organisé une marche hier dans les artères de la capitale du Djurdjura avant de rejoindre le siège de la wilaya.

Une action de rue à travers laquelle ils exigent la révision du classement de chirurgien-dentiste, de la catégorie 12 à 16. Ainsi, ils demandent l’amélioration du cadre pédagogique qui se dégrade d’année en année. Aux environs de 11 heures, les étudiants en chirurgie dentaire ont emprunté la rue Lamani-Ahmed pour rejoindre le siège de la wilaya afin de dénoncer les promesses non tenues par le ministère de tutelle qui « peine à honorer ses engagements pour procéder à la révision du statut de docteur en médecine dentaire à la catégorie 16, comme cela avait été décidé en 2011 ». Brandissant des slogans à travers lesquels on pouvait lire : « Halte au mépris du dentiste », « Nous exigeons la catégorie 16 », les protestataires réclament la revalorisation de leur diplôme. « Nous avons mené un cursus scolaire et universitaire très honorable, alors nous voulons un statut bien mérité », lance une étudiante de 5e année. Avant d’ajouter : « Comment se fait-il qu’avec un niveau bac+6, on est à la catégorie 12 ? » Les futurs dentistes interpellent le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, attendu aujourd’hui à Tizi Ouzou en visite de travail et d’inspection, pour trouver une issue favorable à leurs doléances. Par ailleurs, les contestataires ont remis en cause les conditions pédagogiques qu’ils estiment très peu favorables. « Il y a un manque flagrant dans la formation pédagogique, notamment le nombre de fauteuils dentaires qui reste inférieur par rapport au nombre d’étudiants. Ainsi, nous réclamons la revalorisation de la bourse pour les étudiants internes», a-t-on appris. Ces actions, qui sont venus s’ajouter au mouvement de grève déclenché depuis plusieurs jours, ont été décidées lors d’une assemblée générale tenue le 17 janvier dernier. Rencontre durant laquelle le recours à la grève et aux actions de rue ont été perçus comme seul recours devant le silence des autorités universitaires concernées de reconnaître leur statut de docteur en médecine au terme de leurs études. « On veut que notre statut soit respecté. Un statut de doctorat en médecine dentaire-bac+6 délivré en 2011 par le ministère, (bac +6) et d’honorer ses engagements», ont déclaré ces étudiants. L’action d’hier fait partie d’un mouvement de protestation engagé par l’ensemble des étudiants de la même filière à travers le territoire national, impliquant neuf autres départements à l’échelle nationale, qui se sont mis en grève depuis déjà deux mois, selon l’un des protestataires rencontré à Tizi Ouzou. Ce dernier déplore qu’aucune suite n’ait été donnée à leur plateforme de revendications déposée le 13 décembre dernier auprès des autorités universitaires concernées. La limitation du nombre d’étudiants accédant à la spécialité figure parmi les revendications de ces étudiants, une solution, comme alternative à ce qui s’apparente à un numérus clausus qui semble être imposé à l’université. «Le besoin exprimé n’était pas supérieur à 50 nouveaux étudiants. Le nombre reçu, en revanche, dépasse les 150. Cela met en difficulté la faculté qui n’est pas en mesure de recevoir un tel effectif», constatent les étudiants. Ils demandent notamment qu’il soit mis à leur disposition des fournitures en matériels et en consommables pour assurer un meilleur déroulement de la formation pratique. Le manque de maîtres-assistants au niveau du département est l’autre problème mis en exergue par les protestataires qui s’inquiètent de l’impact de ce déficit en encadrement pédagogique sur la qualité de leur formation.