La société a annoncé, hier, s’engager à étudier la compatibilité de ses installations au transport combiné de gaz naturel et d’hydrogène vers l’Europe, principalement l’Espagne et le Portugal. Medgaz veut ainsi diversifier ses activités en nourrissant l’ambition de transporter de l’hydrogène via le même pipeline ; un projet ambitieux qui cadre avec la volonté de l’Algérie d’accélérer dans la production et l’exportation de l’énergie propre.

Par Hakim Ould Mohamed
Medgaz examinera la possibilité d’exporter l’hydrogène à travers le gazoduc reliant l’Algérie à l’Espagne. La société a annoncé, hier, s’engager à étudier la compatibilité de ses installations au transport combiné de gaz naturel et d’hydrogène. A cet effet, Medgaz «réalisera au cours de l’année 2023 les études nécessaires visant à examiner la compatibilité de ses infrastructures pour le transport de l’hydrogène et le mélange avec le gaz naturel», lit-on dans un communiqué rendu public par la société détenue à hauteur de 51% par Sonatrach et 49% par Medina Partnership dans laquelle Naturgy et BlackRock sont actionnaires à parts égales. Cette infrastructure, cruciale pour le transport du gaz algérien à destination de l’Europe de l’Ouest, principalement vers l’Espagne et le Portugal, veut diversifier ainsi ses activités en nourrissant l’ambition de transporter de l’hydrogène via le même pipeline ; un projet ambitieux qui cadre avec la volonté de l’Algérie d’accélérer dans la production et l’exportation de l’hydrogène vert. Sonatrach avait annoncé, voici quelques semaines, le lancement de deux projets pilotes de production d’hydrogène vert au sud du pays en 2023 et 2024, dont l’objectif est le développement d’une expertise et la maîtrise technologique sur l’ensemble de la chaine de valeur de l’hydrogène vert depuis la production, le stockage, le transport, jusqu’aux applications. Alors que cette énergie nouvelle connaît ces dernières années un engouement certain au niveau mondial, l’Algérie ne veut pas rester à la traine dans ce domaine, d’autant plus que le potentiel semble être énorme de l’avis des spécialistes. Le pays s’est fixé l’objectif de porter la part des énergies renouvelables à 27% dans le Mix énergétique national à l’horizon 2030. Cependant, pour pouvoir être au rendez-vous, l’Algérie envisage de lancer plusieurs projets, dont Solar1000 et autres projets dans la recherche et le développement des technologies de l’hydrogène. Ce n’est pas pour rien que l’entreprise Medgaz s’intéresse d’ores et déjà à convertir ses installations au transport de l’hydrogène, en plus du gaz naturel. «Dans sa ferme volonté d’accompagner les mutations énergétiques vers un environnement plus propre, Medgaz s’est engagé à mener des études pertinentes pour adapter les installations existantes au transport combiné de gaz naturel et d’hydrogène», souligne l’entreprise dans son communiqué, précisant qu’il s’agit d’un marché qui, selon plusieurs prévisions, offre des perspectives de développement intéressantes et prometteuses, notamment en Europe.

Les travaux d’extension du Medgaz achevés
A cet effet, «Medgaz réalisera au cours de l’année 2023 les études nécessaires afin d’examiner la compatibilité de ses infrastructures avec le transport d’hydrogène selon plusieurs proportions de mélange avec le gaz naturel. En parallèle, un groupe de travail sera mis en place pour développer des opportunités d’affaires dans ce domaine», soutient l’entreprise Medgaz dans son communiqué. Cette annonce constitue, faut-il le reconnaitre, un grand pas pour l’Algérie qui, par sa participation majoritaire dans Medgaz, à travers le groupe Sonatrach, entend prendre pied dans le futur marché européen de l’hydrogène. Pour ce faire, la première démarche entreprise par l’Algérie et ses partenaires européens consiste à adapter ses installations de transport de gaz naturel au transport de l’hydrogène. «Medgaz a la ferme intention de s’aligner et de s’adapter aux normes en cours d’élaboration en Algérie, en Espagne et en Europe, relatives au transport de l’hydrogène par gazoducs. Ainsi, offrir une infrastructure d’approvisionnement énergétique fiable pour l’Europe avec une faible empreinte carbone», précise l’entreprise Medgaz dans son communiqué, rappelant, dans la foulée, avoir achevé depuis peu l’extension de ses installations avec la mise en service d’un quatrième compresseur à la station de Béni Saf (Algérie) qui portera la capacité de transport à 10 Gm3 par an. Ces deux démarches, à savoir l’extension des capacités du gazoduc et le lancement des études dès 2023 en vue de son adaptation au transport de l’hydrogène constitue un saut de géant qui aidera l’Algérie, à l’avenir, à conquérir d’importantes parts du marché européen de l’hydrogène. Pourvu que les investissements prévus dans l’amont suivent les ambitions et les démarches entreprises dans l’aval par Medgaz. Le projet Solar1000 constitue un grand pas vers la concrétisation des ambitions du pays dans l’hydrogène. En effet, à travers ce projet, l’Algérie ambitionne de jouer un rôle prépondérant au niveau régional dans la production de l’hydrogène vert (à partir des énergies renouvelables) ou encore l’hydrogène bleu (à partir du gaz naturel), profitant de son immense potentiel d’énergie solaire, ses importantes ressources en gaz naturel et ses infrastructures de transport, de stockage et de distribution. Par ces atouts et ce potentiel, l’Algérie nourrit l’ambition d’étoffer, à terme, son offre énergétique au profit de ses partenaires européens. Le pays est condamné à le faire, faute de quoi il serait dépassé par d’autres concurrents sur son marché traditionnel, voire en perte de vitesse même sur le marché du gaz si les Européens venaient à accélérer dans la diversification de leurs sources d’énergie au profit des énergies renouvelables et de l’hydrogène. n