Décidemment, les épreuves du Brevet d’enseignement moyen (BEM) sont frappées de « malédiction » cette année. Sitôt réunies laborieusement, les conditions de leur déroulement en temps de pandémie de la Covid-19, avec toutes les limites qui peuvent être relevées dans l’application du protocole sanitaire mis en place, que le deuxième jour de l’examen devait compter sur l’impossibilité pour certains candidats de se rendre dans les centres d’examen suite aux intempéries sur le trafic routier notamment dans la capitale.
Un aléa qui est venu s’ajouter aux nombreux cas d’absentéisme déplorés au premier jour des épreuves par les représentants syndicaux.
En effet, si le premier jour d’examen s’est déroulé dans des conditions normales sans enregistrer aucun incident, les candidats et le personnel de l’Education se sont réveillés au C diluviennes qui se sont abattues sur plusieurs wilayas du centre et de l’est du pays, provoquant, selon les services de la Protection civile, des inondations.
Mais à en croire les syndicats d’enseignants, ces intempéries « n’auraient pas impacté » le déroulement de l’examen car « aucune donnée » faisant état d’absence ou de retard des candidats ou du personnel enseignant ne leur est parvenue des régions touchées par les mauvaises conditions climatiques. Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) Boualem Amoura souligne, d’emblée qu’un « nombre restreint de candidats » s’est présenté lundi aux centres de déroulement de l’examen. «  Nous n’avons enregistré aucune absence ou retard dans les rangs des candidats qui devaient se rendre au deuxième jour aux centres d’examen », indique-t-il, ajoutant que s’agissant des encadreurs, « aucune absence ou retard n’a été signalée dans les rangs des enseignants mobilisés ». «  Si le nombre de candidats était important, on aurait reçu des plaintes des parents d’élèves dont les enfants n’ont pas pu rejoindre les centres d’examen », explique notre interlocuteur.
Pour sa part, Sadek Dziri, président de l’Union du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), affirme que l’examen se poursuit dans des conditions « normales » sans relever « aucun incident pouvant perturber le déroulement des épreuves ». Le syndicaliste fait savoir que les bureaux locaux du syndicat n’ont communiqué aucune information au bureau national sur d’éventuelles absences ou retards dans les rangs des candidats ou du personnel d’encadrement.
Ce dernier rappelle qu’un nombre important de centres d’examen n’ont reçu qu’une dizaine de candidats alors qu’ils devaient en recevoir des centaines. « Des classes ont été totalement vides ou avec un seul candidat. Et le nombre du personnel de l’éducation a dépassé largement celui des candidats », souligne M. Dziri.
Pour rappel, le premier jour des épreuves du BEM a été marqué par un « taux d’absentéisme record » parmi les candidats. Il faut relever, à ce propos, qu’est considéré comme « absent » le candidat qui ne s’est pas présenté aux épreuves le jour des examens. Cette défection massive est la conséquence d’un examen déclaré « facultatif », sans pour autant imposer l’obligation de confirmation préalable des candidats qui passeront les épreuves, indique M. Amoura.
A rappeler, à ce titre, que le passage au secondaire est déterminé par la moyenne comptabilisée des deux premiers trimestres. Ainsi, seuls les candidats qui n’ont pas comptabilisé la moyenne de 09/20 sont dans l’obligation de se présenter pour pouvoir accéder au secondaire. Le responsable du Satef reproche à la tutelle son manque de « clairvoyance » pour avoir pris « des dispositions pour recevoir la totalité des élèves inscrits en 4e année moyenne ». Il estime que le ministère aurait pu éviter des dépenses supplémentaires en diminuant le nombre d’encadreurs, d’agents de sécurité et de la Protection civile mobilisés à cet effet.
Pour le député Messaoud Amraoui, membre de la commission éducation de l’APN, « le ministère a pris des décisions politiques et non pédagogiques ». «  Ceux qui ont suivi de près cet examen relèveront le taux important d’absentéisme », écrit le député sur son compte facebook, en se demandant « pourquoi la tutelle a laissé le libre choix aux candidats qui ont la moyenne de passage au lycée de concourir ou non dans ces épreuves ». Ce dernier regrette ainsi « un gaspillage d’argent public pour l’organisation de ces épreuves ». Les épreuves du BEM 2020 se termineront aujourd’hui pour libérer la voie à l’examen du baccalauréat prévu la semaine prochaine. n