Le gouvernement a détaillé en août son plan de relance pour une économie à bout de souffle. Les participants à la conférence nationale du plan de relance socioéconomique ont convenu que le rebond viendra à condition de redonner à l’investissement et à l’entreprise leurs lettres de noblesse et de la confiance aux acteurs économiques. Or, les entreprises affectées par le choc pandémique sont restées sur leur faim, dans l’attente de mesures de sauvegarde de l’outil de production et des emplois, au-delà des mesures de soutien annoncées par la banque centrale et le report des déclarations fiscales promis par le fisc.

Le budget de l’année 2021, dont les grandes lignes ont été annoncées par le dernier Conseil des ministres, n’a pas été aussi généreux qu’on l’attendait au plan des dépenses destinées à l’équipement. Alors que les dépenses injectées dans l’équipement devaient culminer cette année à 2879,7 milliards de dinars, dont 2080,2 milliards de dinars pour le financement des programmes d’investissement et 799,5 milliards de dinars pour les opérations en capital, l’avant-projet de loi de finances 2021 lève le voile en revanche sur un budget d’équipement de 2798,5 milliards de dinars pour les dépenses d‘équipement à caractère définitif. Il est prévu également au titre de l‘année 2021, un plafond d‘autorisation de programme d‘un montant de 1882,1 milliards de dinars ; lequel budget couvre le coût des réévaluations du programme en cours et le coût des programmes neufs susceptibles d‘être inscrits au cours de l‘année 2021. Ainsi, les dépenses d’équipement prévues pour l’an prochain se situent au même niveau que celles figurant dans la loi budgétaire de cette année qui, elles, sont en baisse de 20,1% par rapport à 2019, alors que la crise que traverse le pays suppose que l’Etat fasse un effort supplémentaire en faveur de l’économie. Le besoin en investissements est considérable et les notions de rigueur budgétaire ne doivent pas occulter l’impératif de réindustrialiser le pays aux fins de réduire le coût social de la crise. Lequel risque de se traduire par une érosion du pouvoir d’achat et la hausse du taux de chômage. A ce sujet justement, le FMI prévoit dans ses dernières projections sur l’évolution de l’économie algérienne un net rebond du taux de chômage cette année et l’année prochaine. En effet, l’institution multilatérale prévoit une hausse à 14,1% du taux de chômage en 2020 et à 14,3% en 2021. Les projections du FMI confirme les conséquences désastreuses de la pandémie sur les entreprises et l’emploi ainsi que celles de la baisse drastique prévue dans les dépenses d’équipement. En 2019, le taux de chômage s’était stabilisé autour de 11,4%. Il est plus élevé parmi les femmes et les jeunes à raison de 20,4% et 26,9%, respectivement. Il était pour le moins prévisible que le taux de chômage rebondisse après les coupes budgétaires prévues dans l’équipement en 2019, alors que l’épidémie du Covid-19 est venu assombrir les perspectives dès mars 2020. Les mesures de lutte contre la diffusion du virus ont pesé sur l’activité économique et la trésorerie des entreprises. L’idée d’un éventuel reconfinement, si besoin il y a, évoqué, hier, par le ministre de la Santé fait grincer d’ores et déjà des dents tant il est vrai que les conséquences pourraient être désastreuses pour l’activité économique ainsi que pour l’emploi. <