Les créances détenues par le groupe Sonelgaz auprès de ses clients ont totalisé 70 milliards de dinars depuis le début de l’année en cours. C’est ce qu’a indiqué, jeudi, le PDG du groupe, Chaher Boulakhras, en marge de la cérémonie de signature des traités de fusion de quatre filiales du groupe Sonelgaz, imputant la hausse du montant de ces créances à l’épidémie de coronavirus. Il a rappelé sur sa lancée que son groupe avait décidé de ne recourir à aucune coupure d’électricité et de gaz jusqu’à la fin de la crise sanitaire, soulignant que le Groupe procèdera au recouvrement de ses créances auprès de ses clients après la fin de l’épidémie. Affecté par l’onde de choc provoquée la crise sanitaire liée à la diffusion du virus covid-19 et ses conséquences sur l’économie, le groupe Sonelgaz envisage de réduire sa voilure en rationnalisant ses dépenses, à travers, entre autres, la réduction de ses investissements et la fusion de certaines de ses filiales. Chaher Boulakhras a indiqué à ce propos que le Groupe Sonelgaz a décidé, après approbation de son Conseil d’administration, de réduire de 30% ses programmes d’investissement et de plus de 10% les coûts d’exploitation et de maintenance dans un premier temps, expliquant que le Groupe a pris cette décision à l’effet d’accompagner les efforts nationaux visant à diminuer les dépenses au cours de cette année suite à la crise sanitaire. A peine arrivé à la tête du ministère de l’Energie, Abdelmadjid Attar avait déclaré, sans ambages ni détour, que «Sonelgaz est à genoux, elle vend à perte l’électricité. Sans le soutien de l’Etat, elle déposerait son bilan. Ce n’est la faute ni aux travailleurs de Sonelgaz ni à son encadrement. L’Etat doit continuer à soutenir Sonelgaz». Le soutien de l’Etat à Sonelgaz, et même à Sonatrach, se fait à plusieurs niveaux, dont la compensation du différentiel des prix subventionnés et des prix réels, la bonification des taux d’intérêts, la garantie des emprunts et obligations ainsi que le rachat des dettes des deux groupes. En 2016, l’État, faut-il le rappeler, en guise d’exemple, avait émis des obligations à hauteur d’environ 9 % du PIB pour financer le rachat de la dette d’une entreprise de service public envers une banque publique et pour compenser les pertes subies par Sonatrach en raison de la vente, à des prix subventionnés sur le marché intérieur, de produits raffinés importés. C’est la deuxième entreprise du secteur de l’énergie, pourtant névralgique et prépondérant, à avoir annoncé ses pertes des suites de la crise de coronavirus et son intention de réduire ses dépenses et ses investissements. Le groupe Sonatrach a été également chargé «de réduire de 14 à 7 milliards de dollars les charges d’exploitation et les dépenses d’investissement afin de préserver les réserves de change», lit-on dans le communiqué officiel rendu public, récemment, à l’issue d’un des derniers conseils des ministres. Lors de cette réunion du conseil des ministres, le chef de l’Etat, rappelons-le, avait demandé un audit approfondi du groupe Sonatrach. Mercredi, à l’ouverture de la rencontre gouvernement-wali, le ministre de l’Energie et des mines, Abdelmadjid Attar, a estimé à près de 125 milliards de dinars l’ensemble des pertes des compagnies nationales de l’énergie, en raison de la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus. Les entreprises du secteur de l’Energie, à l’instar des entreprises des autres secteurs d’activité, étaient durement affectées par les conséquences de la crise sanitaires ainsi que par les mesures de confinement des populations mises en place dès la fin du mois de mars dernier. Cependant, il ne faut pas que l’impact de cette crise sanitaire sur l’économie vienne camoufler les carences de gestion des entreprises, dont certaines vivent sous perfusion financière permanente de l’Etat propriétaire. De nouvelles exigences managériales doivent être réclamées et la restructuration des entreprises publiques est une urgence à l’heure où les ressources financières nécessaires à leur survie se font de plus en plus rares.