Ce n’est pas encore le bout du tunnel dans le secteur de l’Education nationale, qui vit au rythme de grèves cycliques des enseignants du cycle primaire et d’annonce de débrayage de l’Unpef.
La tutelle, pour sa part, a désigné du doigt des appels lancés via les réseaux pour des grèves qui «ne reposent sur aucune assise légale ». S’agit-il de la grève des enseignants du primaire, en cours depuis le 6 octobre dernier, ou vise-t-elle le débrayage annoncé par l’Unpef le 26 février ?
Des questions sur fond d’incompréhension au moment où le ministère de l’Education fait part d’une série de consultations avec les partenaires sociaux. En effet, le ministère de l’Education nationale a déploré, dans son communiqué rendu public hier, les appels lancés sur les réseaux sociaux pour enclencher «des mouvements de protestation sans aucun respect de la législation, de la réglementation en vigueur et des lois de la République».
La tutelle a ainsi appelé toutes les parties concernées à «faire preuve de prudence et de vigilance face à ces appels tendancieux et à ne pas les suivre», estimant qu’ils «ne reposent sur aucun cadre juridique autorisé, outre leur non-respect des procédures et obligations juridiques prévues dans le règlement général et les statuts y afférents».
Relevant avoir examiné avec «un grand soin les préoccupations des personnels du secteur» et œuvrant «sans relâche», à travers l’action de proximité menée par ses cadres au niveau local, à être «à leur écoute et à prôner l’apaisement et la persuasion», le département d’Ouadjaout a mis en évidence les vertus du dialogue. Il a soutenu, dans ce sens, que le dialogue «est à même de préserver l’intérêt de l’élève avant tout, ainsi que celui de l’enseignant et de tous les membres de l’Education nationale». Le ministre a réaffirmé, dans son communiqué, «l’intérêt accordé à l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs du secteur, toutes catégories confondues, et à la satisfaction de leurs revendications légitimes exprimées dans le respect des lois de la République».
Du côté des organisations syndicales, l’avertissement de la tutelle s’adresse surtout à la Coordination nationale des enseignants du primaire qui défraye la chronique depuis plus de quatre mois. Certaines organisations estiment moins important de s’attarder sur les destinataires du message de la tutelle. «Le plus important, c’est de voir le ministère de l’Education exprimer sa volonté de régler les problèmes du secteur à travers l’«application des solutions sur le terrain».
Le coordinateur national du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, a affirmé que ce communiqué vise «les enseignants grévistes du primaire sous l’auspice de leur coordination et peut-être même qu’il vise l’Unpef qui s’apprête à une contestation mercredi prochain à Alger».
«Néanmoins je ne sais pas ce que la tutelle veut dire quand elle affirme que les préoccupations du secteur sont prises en charge à travers le dialogue social. Ce que je sais c’est que tout le monde veut l’application des solutions sur le terrain pour répondre aux revendications socio professionnelle du secteur de l’Education nationale», ajoute également Meziane Meriane.
Parmi les dossiers épineux qu’il a cités, il y a celui de «l’impôt sur le revenu global (IRG) ainsi que la revalorisation des heures supplémentaires».
Abondant dans le sens de Meziane Meriane, un responsable de l’Union nationale du personnel de l’éducation et la formation (Unpef) dira aussi qu’il s’agit éventuellement de «la Coordination des enseignants du cycle primaire», une organisation non agréée qui mène une contestation cyclique depuis le 6 octobre passé. «Il ne peut s’agir de notre organisation syndicale, l’Unpef, du fait que nous avons déjà informé les services concernés de notre contestation mercredi le 26 février à Alger pour revendiquer certaines exigences socioprofessionnelles qui concernent tout le secteur de l’Education nationale à l’instar de la défense du pouvoir d’achat, a noté ce responsable syndical qui a préféré garder l’anonymat.
Pour sa part, un représentant national de la Coordination nationale des enseignants du primaire, Houssam Madjoudj (wilaya de Batna) ne pense pas que ce communiqué soit dirigé contre l’organisation qu’il représente. «Je doute qu’il soit dirigé contre nous. Si nous étions des parties inconnues comme le dit le ministère, il aurait pu quand même stopper nos démarches à travers la loi. Nous travaillons dans la clarté et nos noms sont connus depuis plusieurs mois», se défend le même syndicaliste. En tout état de cause, les prochains jours apporteront un début de réponse à ces interrogations qui marquent le secteur de l’Education.