Les inégalités grandissantes dans le monde ont pour probabilité d’exposer les enfants d’Afrique subsaharienne à la mort avant l’âge de cinq ans 14 fois plus que les enfants des pays développés, a déploré avant-hier mardi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

«Au cours des dernières décennies, la mondialisation et l’évolution technologique ont généré des progrès économiques sans précédent, avec des niveaux de vie plus élevés pour beaucoup et même une réduction du nombre de personnes en situation de pauvreté extrême. Mais ces avantages ne sont pas partagés par tout le monde. Les inégalités sont élevées et croissantes», s’est-il indigné dans un message au Dialogue de haut niveau intitulé «Construire une paix durable pour tous : les synergies entre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le maintien de la paix», organisé par l’assemblée générale de l’ONU.
Le secrétaire général a cité, dans ce contexte, des chiffres récents selon lesquels les huit personnes les plus riches au monde ont la même richesse que les 3,6 milliards de personnes les plus pauvres. «La mondialisation est également asymétrique. L’argent se déplace librement (…) Les biens et les services circulent relativement sans entrave. Mais le mouvement des personnes reste sévèrement restreint», a regretté encore M. Guterres. Par ailleurs, les effets du changement climatique, de la croissance démographique, de l’urbanisation galopante et de la dégradation environnementale contribuent à une plus grande concurrence pour les ressources, aggravant les tensions et l’instabilité, a-t-il averti. Et pour cause, a expliqué le chef de l’ONU, nous sommes maintenant confrontés à de sérieux échecs de développement. Ainsi, des communautés entières, des secteurs de la société et même des pays se sentent oubliés et abandonnés.
«Il existe également un lien évident entre les économies défaillantes et la fragilité potentielle des sociétés, des institutions et même des Etats. En conséquence, nous voyons maintenant des conflits dévastateurs éclater, tandis que les anciens restent insolubles», a-t-il ajouté.
M. Guterres a ainsi préconisé une réponse mondiale qui s’attaque aux causes profondes des conflits et intègre la paix, le développement durable et les droits de l’homme de façon holistique à tous les niveaux.
«Notre priorité est la prévention, prévention des conflits, des pires effets des catastrophes naturelles et d’autres menaces pour la cohésion et le bien-être des sociétés. Le meilleur moyen de prévention et de maintien de la paix est le développement inclusif et durable», a-t-il lancé.