Non encore confirmé à ce jour de sources judiciaires ou policières, trois adolescents algériens sont donnés pour mort après s’être essayé à une application de jeu téléchargée sur Smartphone, « Blue Whale Challenge ». Le jeu est soupçonné d’être à l’origine du suicide de ces trois adolescents. Deux d’entre eux, de 15 et 16 ans, originaires de Sidi Aïch, à Béjaïa, se seraient donné la mort par pendaison vendredi dernier. La troisième victime, elle, est issue d’Aïn Oulmene, dans la wilaya de Sétif, et se serait tuée une semaine plus tôt.

 

Le jeu incriminé, «le défi de la Baleine bleue», a été développé en Russie. Il comporte cinquante défis sinistres (un par jour) : « se percer la main », « se réveiller à 4h20 pour regarder un film d’horreur », « ne communiquer avec personne durant toute la journée » ou encore « s’asseoir sur le toit d’une tour en balançant les jambes dans le vide ». L’ultime défi est de se donner la mort, à l’image de la « baleine », dans le jeu, qui se laisse échouer sur le rivage pour mourir.
Des drames similaires ont été rapportés par les médias dans leurs pays respectifs, mettant en cause le même jeu. Samedi dernier, faisant écho aux conséquences de ce jeu, la ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit a recommandé aux parents de se montrer vigilants. C’est ainsi qu’elle a appelé les parents à surveiller les Smartphones de leurs enfants et a invité les médias à donner l’alerte sur ce phénomène. La ministre a même dit redouter qu’à l’avenir, d’autres jeux funestes n’apparaîssent.
Pour sa part, le réseau algérien de défense des droits de l’enfant Nada a, lui aussi, réagi. Il appelle les médias à alerter l’opinion publique sur les dangers que peut générer l’utilisation d’Internet. Le réseau Nada annonce, également, «le lancement, début janvier, d’une vaste campagne de sensibilisation et de formation en direction des parents, à Alger et dans divers wilayas du pays», explique le président du réseau, Abderrahmane Aarar. «Des jeux comme celui de la Baleine bleue ont des conséquences dramatiques sur les adolescents, plus particulièrement ceux en situation psychologique délicate. D’autres applications peuvent être tout aussi désastreuses et causer des ravages sur le comportement des adolescents et provoquer des effets désastreux sur cette catégorie », poursuit M. Aârar. «Le réseau Nada a tracé un programme de sensibilisation et de formation destiné aux parents», ajoute-t-il.
Sollicité hier, l’expert en TIC, Ali Kahlane, abonde dans le même sens, mais il avertit : «Bloquer l’accès à ce jeu morbide ne sert à rien. Il faut s’impliquer davantage avec les enfants, leur prêter davantage d’attention, s’intéresser à ce qu’ils font sur le Net. Si blocage il y a, c’est une décision administrative. Je suppose qu’il y a eu auto-saisine du procureur de la République. Cependant, je réaffirme qu’un jeu tel que celui de la Baleine bleue se pratique sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas un simple site web que l’on peut bloquer ». Ce dernier réagissait aux propos, cités par nos confrères du Temps, de la présidente de l’Organe national pour la protection de l’enfance, Meriem Chorfi, selon lesquels les autorités concernées feront le nécessaire pour bloquer l’accès au jeu.