Par MILINA KOUACI
La décision portant autorisation d’importation de la viande rouge congelée ne semble pas surprendre les éleveurs d’ovins qui s’attendaient à ce que le gouvernement prenne une telle décision. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé, en effet, d’autoriser l’importation de la viande rouge congelée à titre exceptionnel, durant le mois de Ramadhan, permettant ainsi aux importateurs actifs dans chaque wilaya d’importer la viande congelée. Une décision que Mohamed Boukarabila, vice-président de la Fédération nationale des éleveurs d’ovins, qualifie de «judicieuse et de prévisible». «Du moment que nous n’arrivons pas à réguler les prix de l’aliment de bétail, nous nous attendions à ce que les autorités compétentes prennent la décision de recourir à l’importation», affirme notre interlocuteur. «Dans un souci d’assurer l’équilibre et de faire en sorte que la viande rouge soit à la portée de tous les Algériens durant le mois de Ramadhan, le président a autorisé le recours à l’importation», explique M. Boukarabila, et ce, deux mois, après que le gouvernement ait décidé de la suspendre pour appuyer et protéger la production locale.
Ce dernier appelle néanmoins à une «meilleure organisation du marché» pour l’essor de cette filière en bute à la cherté de l’aliment de bétail et du fourrage qui constitue une entrave à son développement. M. Boukarabila rappelle que les éleveurs sont confrontés depuis quelques mois à la flambée des prix de l’aliment de bétail. Une situation qui a impacté négativement les éleveurs, dont nombre d’entre eux se sont délestés de leur cheptel et mis la clé sous le paillasson pour les pertes subies ou faute de pouvoir se procurer les quantités suffisantes d’aliments pour leur cheptel. «L’envolée des prix résulte du manque de contrôle, du non-accompagnement et de la non-régulation du marché par les autorités compétentes». Pour preuve, l’Etat a plafonné le prix de son de blé à 1 500 DA le quintal, mais on se le procure à 4 500 DA», dénonce M. Boukarabila. «Les prix cédés sont trop élevés. Par ricochet, le prix de la viande rouge demeure élevé» et si l’Etat ne régule pas le marché «les prix de la viande resteront élevés», prévoit M. Boukarabila. Ce dernier établit une analogie entre la cherté des viandes blanches et rouges. «Le prix du poulet a sensiblement grimpé ces derniers jours en raison de l’augmentation des prix des aliments de volaille». Les prix, précise le vice-président de la Fédération des éleveurs d’ovins, sont «strictement liés à la matière première».
Mohamed Boukarabila appelle également à une meilleure organisation de la filière et du marché national pour contrecarrer les spéculateurs.
Ce dernier se dit excédé par «la non-régulation du marché en dépit des appels incessants des éleveurs» à l’organisation de la filière, en rappelant que 12 millions d’Algériens vivent de l’élevage d’ovins.