Après un trimestre sous pression sanitaire, les écoles, collèges et lycées du pays ferment leurs portes pour un repos pédagogique exceptionnellement réduit à 10 jours. Ce petit congé tant attendu servira aussi à la préparation des tests d’évaluation prévus aussitôt la reprise des cours…

Les vacances d’hiver commencent aujourd’hui pour les élèves des trois cycles de l’Education nationale après trois mois de scolarité. Cette pause hivernale est réduite, cette année, de 15 à 10 jours en raison de la crise sanitaire et du retard pris pour la rentrée scolaire.
Ce qui a marqué l’actualité du secteur depuis cette nouvelle saison pédagogique, c’est le «débat houleux» sur la fermeture ou le maintien des écoles ouvertes, en raison de la recrudescence des cas de contamination à la Covid-19.
«Ce que nous pouvons retenir de cette année exceptionnelle, c’est que nous avons réussi le pari de maintenir les établissements scolaires ouverts», dit Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste. A ses yeux, il n’était pas question de fermer les écoles, mais sous réserve que les autorités compétentes déclinent les mesures nécessaires pour le bon déroulement de l’année scolaire, tant que l’épidémie existe encore. «Certains avaient opté pour des solutions de facilité, heureusement, que le temps a fini par nous donner raison, notamment que l’enseignement à distance n’était pas une alternative à proposer pour différentes raisons», poursuit M. Boudiba. Il regrette toutefois «les contaminations et pertes humaines» enregistrées parmi la communauté éducative au cours des trois premiers mois. Raison pour laquelle, son syndicat a réclamé en contrepartie du maintien des écoles ouvertes, une meilleure protection du personnel éducatif.
De son côté, Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), se félicite que la tutelle a réussi le défi de maintenir les écoles ouvertes dans un contexte épidémiologique fortement appréhendé par l’ensemble de la communauté éducative, notamment des parents d’élèves qui hésitaient à envoyer leurs enfants à l’école. «Nos écoles sont restées ouvertes et continuent d’accueillir les élèves», se réjouit M. Rouina.

Pas d’évaluation avant les vacances
Une deuxième exception, ajoute le secrétaire général du CLA, est qu’il n’y a pas eu d’évaluation pédagogique des élèves avant les vacances. «Au vu du nouveau rythme scolaire, nous aurions aimé que les élèves soient évalués pour constater s’ils arrivent à assimiler les cours dispensés. Mais cas de force majeure, «nous ne pourrons juger les compétences de nos élèves qu’après la reprise des cours».
Sur un autre volet, Messaoud Boudiba se dit «préoccupé» par l’état physique et moral des enseignants qui ont pu jusque-là «surmonter les difficultés liées au volume horaire harassant». «Il faut lever la pression sur les enseignants en ouvrant des postes budgétaires pédagogiques», plaide le porte-parole du Cnapeste. Le premier trimestre a été rythmé par des actions du personnel enseignant qui a contesté les conditions de travail, sanitaire et volume horaire augmenté. «Si la tutelle ne remédie pas à ces problèmes dans les plus brefs délais, le secteur risque d’être en proie à des perturbations et mouvements de débrayage à la reprise», avertit M. Boudiba.

Un volume horaire harassant
Sur cet aspect, le secrétaire général du CLA, Zoubir Rouina, estime que les enseignants accomplissent leur devoir pédagogique et continueront de l’assumer même dans ce contexte exceptionnel qui perdure. Ce dernier se plaint toutefois, d’un volume horaire qu’il qualifie de harassant et d’insupportable». «Le nombre de séances que nous dispensons a presque doublé et la surcharge se répercute sur l’enseignant», poursuit M. Rouina.
«L’enseignement en ce temps de coronavirus est une corvée. Ce que je dénonce est l’attitude du ministère de tutelle qui fait du business avec son personnel enseignant», a-t-il clamé.
Pour sa part, le président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) Abdelkrim Gaïd estime que les élèves et enseignants ont pu «s’adapter» au nouveau protocole pédagogique et sanitaire en dépit des lacunes constatées au début de l’année scolaire. «Les enseignants et les élèves ont fini par se familiariser avec la situation sanitaire qui prévaut et les conditions de travail», souligne M. Gaid. «Les enseignants se sont adaptés au plan exceptionnel élaboré de façon aléatoire et anarchique», en citant à titre d’exemple les plans exceptionnels de la programmation des cours, les emplois du temps et les aménagements opérés par la suite sur les emplois du temps
Ce qui «agace» le Snadep, ce sont les assemblées communales qui ont fait preuve de «déficience» en matière de gestion des établissements scolaires. «Les autorités communales n’assument pas leurs engagements envers ces établissements scolaires», dénonce M. Gaïd, qui insiste sur la nécessité de libérer les 19 000 écoles primaires des communes et de les rattacher au ministère.