La décision de reprise des classes en commençant par le primaire puis le secondaire a été accueillie avec satisfaction par le monde syndical, qui exprime cependant certaines réserves. C’est le cas de la Coordination des enseignants du primaire qui émet des réserves quant à cette décision. «Je pense que cette décision n’est pas assez réfléchie», dit Moussa Slimani, porte-parole de la Coordination nationale d’Alger-Est, qui se demande pour quelles raisons les autorités n’ont pas fixé une date nationale pour la rentrée des classes.
A ses yeux, il était judicieux de lancer l’année scolaire avec le cycle secondaire, le moyen avant d’arriver au primaire, soulignant que les écoles auraient pu rouvrir les portes le 4 octobre, date initialement fixée pour la rentrée. Il reproche à la tutelle de ne pas «associer» les enseignants du primaire aux réunions de concertations sur les modalités de la rentrée scolaire, insistant qu’«aucune partie n’a participé en tant que représentant des enseignants du primaire lors des réunions de concertations de la tutelle».
Moussa Slimani, qui rappelle toutefois que la gestion des écoles primaires est toujours confiée aux APC, se demande si celles-ci disposent des moyens pour mettre à exécution le protocole sanitaire.
Le président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE), Khaled Ahmed, évoque, pour sa part, une «décision mûrement réfléchie» après des rencontres de concertations entre les deux parties, tutelle et son partenaire social, et entre le ministère de l’Education et le ministère de la Santé avec le Comité chargé du suivi de l’évolution de coronavirus.
«La situation épidémique s’est améliorée, ce qui nous permet d’envisager une reprise sans risquer de porter atteinte à la santé des élèves et du personnel enseignant bien que le danger existe», selon le président de l’ANPE, qui est confiant quant à la gestion des écoles primaires en temps de crise sanitaire. Estimant que les APC sont en mesure «de relever le défi», le même responsable a indiqué que les assemblées locales qui n’ont pas les moyens financiers «vont certainement bénéficier de l’aide de l’Etat».
De son côté, le porte-parole du Cnapeste, Messaoud Boudiba, rappelle que les établissements scolaires vont devoir accueillir 10 millions d’élèves et près d’un million de travailleurs du secteur, ce qui demande le déploiement de moyens colossaux pour éviter la propagation du virus. «C’est une rentrée qui sera difficile au vu des grands moyens qu’elle demande pour garantir la sécurité des enfants et des travailleurs du secteur et de la vigilance pour éviter une seconde vague épidémique et que les écoles deviennent des clusters de l’épidémie», a souligné M. Boudiba. «Certes, les cas de contaminations sont en baisse, mais le danger est là», dit M. Boudiba, mettant en garde contre la négligence et le manque d’attention à l’égard des règles de prévention à l’intérieur des classes. Il salue également la décision de découpage de groupe en sous-groupe et de l’adaptation du programme scolaire qui aidera à veiller au respect des mesures barrières édictées par les autorités sanitaires.
Le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar, rappelle, quant à lui, que la rentrée scolaire et les conditions dans lesquelles elle va se dérouler «étaient les principales préoccupations des syndicats enseignants, des élèves et de leurs parents». «Nous attendons la rentrée avec impatience. J’espère qu’elle se déroulera dans de bonnes conditions», dit M. Zegar.