Les éditions Frantz  Fanon viennent de publier, pour la première fois en Algérie, trois romans de Taos Amrouche. Il s’agit de «Jacinthe noire», «L’amant imaginaire» et «Solitude, ma mère». Ces trois romans, publiés initialement par les Editions Joëlle Losfeld (filiale des éditions Gallimard) sont, selon l’éditeur, «largement autobiographiques».

Car, «ils relatent le parcours, les péripéties, les heurs et malheurs qui ont jalonné la vie si intense de Taos Amrouche», qui n’a jamais oublié ses racines berbères et africaines, et dont l’œuvre «s’articule fondamentalement autour de l’idée de la rencontre avec l’autre». L’éditeur explique, dans un communiqué, que cette réédition participe de sa volonté de «faire connaître les pères fondateurs de la littérature algérienne, leurs parcours et leurs œuvres, au plus large public possible et de les ériger en repères, notamment pour les nouvelles générations d’écrivains».
L’objectif est également d’apporter une contribution à «l’affirmation d’une littérature algérienne souveraine», capable de dire l’humain et de le saisir dans sa complexité. Dans «Jacinthe noire», préfacé par l’écrivain, poétesse et professeur de littérature à l’université d’Alger, Yamilé Ghebalou, se dévoile «le jeu de la conquête de soi» et «la recherche de la vérité de sur soi et les autres», dans un récit de la vie quotidienne dans une pension de jeunes filles. Préfacé par Afifa Bererhi, professeur de littérature à l’université d’Alger, «L’amant imaginaire» est, selon sa quatrième de couverture, un «roman de la passion, [qui] se présente sous la forme d’un journal qui débute en octobre 1952 et s’achève en août 1953 et où la part de l’écrit épistolaire est particulièrement présente. C’est la mécanique impitoyable d’une femme qui s’invente dans un monde qui la refuse». Le troisième roman paru aux éditions Frantz Fanon, accompagné d’une préface d’Ahmed Cheniki (journaliste, essayiste, spécialiste du théâtre et professeur à l’université d’Annaba), est «Solitude, ma mère». Roman de la «confrontation cruelle, mais passionnante avec le destin», ce livre s’intéresse à Amnéa, qui «se raconte à travers sa féminité exaltée, mutilée, convoitée, à travers les hommes qu’elle a connus et dont les souvenirs tantôt doux et tantôt violents assiègent son intranquille solitude».
R. C.