La grève observée hier dans les trois paliers de l’Education nationale, à l’appel de trois organisations syndicales, Unpef-CLA-Satef, a été un succès, selon des animateurs du mouvement, qui promettent un «durcissement» de la contestation à l’avenir.

Par Milina Kouaci
En signe de soutien et d’accompagnement au personnel enseignant qui, depuis plus d’une semaine, organise des rassemblements et des protestations sans couverture syndicale, les trois organisations syndicales ont mis à exécution leur menace de «paralyser» les établissements scolaires. Ce nouveau débrayage confirme ainsi le malaise que couve dans le secteur de l’Education où les actions de contestations s’enchaînent.
En ce qui concerne le taux de suivi, «il varie d’une région à une autre», selon le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar, qui fait part d’une moyenne de 60 à 70% sur le territoire national, alors qu’au Sud, il a dépassé les 70% dans certaines wilayas.
Le plus bas taux de suivi a été enregistré à Adrar, estimé à 52%, poursuit notre interlocuteur, lequel souligne qu’à l’ouest et à l’est du pays, le taux de suivi a été conséquent. Dans les wilayas du centre, le plus bas taux de suivi a été enregistré à Tipasa avec 55%, le plus élevé a été enregistré à Alger-est avec 80%. Il en est de même pour les actions de protestations qui ont connu un grand afflux des enseignants qui se sont donné rendez-vous devant les directions de l’éducation pour porter haut leurs revendications. «La situation socioprofessionnelle ne tolère pas plus de patience et d’attente. Les autorités compétentes doivent agir et rassurer les travailleurs car dans le cas contraire, le mouvement va se durcir et perturber par ricochet le déroulement de la fin de l’année scolaire», prévient le porte-parole de l’Unpef qui alerte d’une «explosion sociale» si les revendications ne sont pas prises en charge. Si l’Intersyndicale décide de reconduire la grève, cela va accuser un retard dans l’avancement de l’application du programme scolaire et le déroulement des examens, le personnel enseignant menace de les boycotter. L’Intersyndicale annoncera, dans tous les cas aujourd’hui, les actions qu’elle va entreprendre dans les jours à venir, indique M. Zegar. D’ailleurs, l’inquiétude des élèves et de leurs parents quant à l’amorce d’une grève ouverte s’exacerbe à l’approche des examens du deuxième trimestre et ceux de fin de cycle.
«Les enseignants ont beaucoup attendu, mais rien n’a bougé», selon notre interlocuteur qui rappelle la promesse du président de la République concernant la satisfaction des revendications des enseignants, notamment la revalorisation des salaires. Dans sa plateforme de revendications, l’Intersyndicale exige une augmentation des salaires avec une révision à la hausse du point indiciaire et l’application du décret présidentiel 14-266 avec effet rétroactif. Elle insiste sur leur droit de départ à la retraite anticipée. Sur le plan pédagogique, l’Intersyndicale réclame la révision des programmes et méthodes d’enseignement, la dispense des enseignants du primaire des tâches extra pédagogiques ainsi que l’amélioration des conditions de travail et de scolarisation et la réduction des volumes horaires.
L’Intersyndicale plaide également pour la consolidation des budgets des établissements de l’enseignement moyen et secondaire et de libérer les écoles du cycle primaire de la gestion des collectivités locales.