Pour le sélectionneur Djamel Belmadi, c’est priorité à la performance dans la conjoncture actuelle. À l’aube de rendez-vous importants comme la CAN-2021 au Cameroun (09 janvier – 06 février) et une éventuelle Coupe du Monde 2022 au Qatar, le coach n’est pas tenté d’essayer de nouveaux Fennecs. D’où sa préférence de rappeler des joueurs qu’il connaît pour qu’ils soient des seconds couteaux. Et il l’a -de nouveau- expliqué hier en conférence de presse.

Par Mohamed Touileb
Qu’on se le dise d’emblée, il est clairement difficile de contester le mode de fonctionnement de Djamel Belmadi. En termes de gestion du groupe et la préservation de la mentalité de la gagne, c’est difficile de faire mieux que lui. Après, il y a les listes pour chaque stage avec des présences et des absences qui mettent certains d’accord et d’autres pas.
«Il n’y a que des attentes»
Néanmoins, le squelette reste en place. Les valeurs sûres ne changent pas. Quant au questionnement, il concerne-la plupart du temps- les remplaçants. En effet, même pour ces derniers, le coach d’«El-Khadra» est plutôt inflexible.
Le premier responsable de la barre technique a essayé d’enlever l’ambigüité pour ce qui est des critères de sélectivité : «chacun à ses vues et sa manière de voir le football… de loin. On va vite en besogne en estimant qu’il n’y a pas de nouveauté. Quand tu n’es pas performant tu sors. Quand tu n’es pas performant, tu restes».
Aussi, il n’a pas manqué de rappeler qu’«il n’y a que des attentes. On est dans un objectif de performances. Je ne suis pas là pour construire jusqu’à 2030. Il y a beaucoup de considérations. La perpétuelle recherche de la progression et de l’excellence et là. Tout ça est pris en compte. À partir de là, on prend des décisions. Et à partir du moment on est convaincu et que les résultats suivent derrière ça, on continue».

Les certitudes plutôt que l’expérience vaine
En effet, beaucoup pensent que le latéral droit Akim Zedadka (Clermont Foot 63/France) et son pendant à gauche Yanis Hamache (Boavista/Portugal) auraient mérité de figurer parmi les Verts retenus pour les matchs de novembre. D’autant plus que pour ces deux postes, il ne semble pas y avoir des doublures certifiées. Sur le côté gauche, Mohamed Fares et Naoufel Khacef n’ont jamais eu d’apparitions convaincantes.
Sur le couloir défensif droit, Mehdi Zeffane a plutôt bien dépanné à la CAN-2019 quand Youcef Atal, souvent blessé, n’était pas là. Toutefois, l’ancien pensionnaire du Stade Rennais n’a jamais donné l’impression de présenter des garanties pour ce poste. D’ailleurs, cette fois, il n’a pas été appelé et c’est Mohamed-Réda Helaïmia, que Belmadi connaît assez bien, qui va le suppléer.
Et c’est pourquoi Belmadi a noté que «J’ai pris des joueurs qui connaissent ce groupe là. Ils connaissent l’état d’esprit. Ramener des joueurs qui ont ce passé avec nous. Ce n’est pas le moment de faire des changements». En outre, il précisera qu’«on a construit cette EN sur des joueurs très importants et qui font la différence. Mais on ne l’a pas construite sur un seul joueur. Quand il y a deux ou 3 absents, il faut avoir des solutions».

Le malaise Delort confirme la tendance
Justement, connaître ses joueurs, Belmadi y accorde une importance primordiale. Et il sait, à priori, que les substituts qu’on a nommés n’ont pas vraiment l’ambition de devenir des numéro 1. C’est comme si l’ancien coach d’Al-Duhail SC (Qatar) se contente d’avoir des recours autosuffisants de n’être utilisés qu’occasionnellement.
Dans sa conception, le driver des champions d’Afrique préfère -probablement- ne pas prendre le risque de greffer des nouveaux-venus qui viendraient avec l’(faux) espoir de jouer un max’ de minutes mais qui ne se résoudront qu’à grignoter des bouts de matchs et être sur le terrain par intermittence.
Là, on peut penser à Andy Delort qui a longtemps été performant en club. Cela ne lui a pas assuré un temps de jeu conséquent avec les Fennecs. Le cumul de la frustration a fait que les choses se tendent avec le fâcheux épisode que tout le monde connaît. Une averse que Belmadi ne veut -manifestement- pas traverser de nouveau. Son groupe doit rester à l’abri de toutes turbulences afin de maintenir cette dynamique d’excellence.