Le ministre du Commerce Kamel Rezig s’était engagé, le 27 janvier, à résoudre la crise du lait pasteurisé en sachet subventionné dans les dix jours au maximum. Ce délai est dépassé sans pour autant percevoir sur le terrain une atténuation de la crise. Bien au contraire, point de lait en sachet sinon dans les points de vente des laiteries publiques. Une situation qui risque de perdurer tant les distributeurs de lait sont décidés à camper sur leur position de cesser toute activité si leur marge bénéficiaire ne connaît pas une revue à la hausse. Ces derniers sont en effet résolus et que c’est à cette seule condition qu’ils reprendront du service. C’est ce qu’ont affirmé à Reporters des membres de la Fédération nationale des distributeurs de lait (FNDL), contactés par nos soins hier. On n’en saura pas plus si ce n’est qu’une rencontre entre le ministre du Commerce et des membres de la FNDL est prévue très prochainement. Mais toujours est-il qu’au sein de cette fédération, on déplore que l’on veut rendre responsables de la crise les seuls distributeurs. « Sur les réseaux sociaux, on s’acharne sur nous et on nous montre du doigt comme ayant provoqué cette crise dans le but de pousser l’Exécutif à répondre à doléance. Ce qui est totalement faux », a lâché un de nos interlocuteurs. Un autre nous fera remarquer : « Nous travaillons à perte depuis longtemps et si beaucoup d’entre nous ont continué, c’était dans l’espoir que les pouvoirs publics se penchent sur notre cas et décident enfin d’augmenter, du moins quelque peu, notre marge bénéficiaire. Mais après avoir constaté l’indifférence envers notre situation, notre réaction devenait pour nous légitime.» Un autre nous expliquera : « On passe des heures entières à attendre notre tour pour la livraison de 5 000 sachets, car c’est la capacité maximale que peuvent transporter nos camions. Après avoir fait des kilomètres pour satisfaire tous nos clients détaillants, avec en sus toutes les pertes qui ne nous est pas remboursées. Après avoir déduit toutes les charges (carburants et paiement de notre aide-livreur, on arrive dans le meilleur des cas à gagner 3 000 dinars par rotation. Mais rares sont ceux parmi nous qui en font plus d’une. Le temps d’attente au niveau des laiteries publiques est décourageant. En définitive, ce que nous gagnons de cette activité n’en vaut pas la chandelle. Et donc n’incite pas à perdurer dans cette profession ».
Toujours est-il que nos interlocuteurs nous ont avoué l’existence de pratiques reprochables dans leur activité. « Des livreurs préfèrent livrer leur tonnage entier de lait à des intrus du circuit de livraison moyennant une marge de bénéfice supplémentaire et ainsi se décharger au plus vite », nous ont-ils expliqué.
Pour l’heure, tout indique que le ministre du Commerce va devoir trouver un terrain d’entente avec les distributeurs afin de se mettre d’accord sur une marge bénéficier qui incitera les distributeurs à reprendre leur activité. Dans le cas contraire, c’est bien sûr les consommateurs qui seront grandement pénalisés, notamment ceux au faible pouvoir d’achat pour qui le lait en pack, à 100 DA, est inaccessible. On comprend vite pourquoi la tension sur le lait en sachet et sa récurrence font couler autant d’encre.