lTrump sort de l’accord
Le 8 mai 2018, Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien et le rétablissement de lourdes sanctions économiques contre Téhéran. Conclu en 2015 entre l’Iran et les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, l’accord avait permis la levée d’une partie des sanctions contre Téhéran en échange de l’engagement iranien à ne pas se doter de l’arme nucléaire.
Après avoir énuméré « douze conditions » plus draconiennes pour un nouvel accord, les Etats-Unis rétablissent en août puis en novembre de sévères sanctions notamment contre les secteurs pétrolier et financier. De grandes entreprises internationales mettent fin à leurs activités ou projets en Iran.

Début du désengagement
A partir de début mai 2019, les Etats-Unis décident de mettre fin aux exemptions permettant à huit pays d’acheter du pétrole iranien sans enfreindre les sanctions américaines. Le 8 mai, l’Iran commence à se désengager de ses obligations. Asphyxié par les sanctions, il veut mettre la pression sur les pays européens toujours engagés dans l’accord pour l’aider à les contourner. Les Etats-Unis décident de nouvelles sanctions contre « les secteurs iraniens du fer, de l’acier, de l’aluminium et du cuivre ». En juillet, l’Iran annonce le dépassement de « la limite des 300 kilogrammes » d’uranium faiblement enrichi imposée par l’accord. Il confirme avoir commencé à enrichir l’uranium à un degré supérieur à la limite de 3,67% fixée dans le texte.

Enrichissement d’uranium
Le 26 septembre, l’AIEA indique que Téhéran a lancé le processus d’enrichissement d’uranium dans ses centrifugeuses avancées récemment installées. Début novembre, l’Iran indique produire cinq kg d’uranium faiblement enrichi par jour, puis relance des activités d’enrichissement d’uranium dans l’usine souterraine de Fordo (180 km au sud de Téhéran) et déclare enrichir désormais de l’uranium à hauteur de 5%. Dans un rapport interne, l’AIEA indique avoir détecté des « particules d’uranium naturel » dans un « lieu non déclaré en Iran ». Le 18 novembre, l’agence indique que les réserves iraniennes d’eau lourde ont dépassé la limite fixée par l’accord.

Dernière phase de réduction
Le 5 janvier 2020, Téhéran annonce ce qu’il présente comme la « cinquième et dernière phase » de son plan de réduction de ses engagements, affirmant qu’il ne se sent désormais plus tenu par aucune limite « sur le nombre de ses centrifugeuses ». L’annonce intervient deux jours après la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani, cible d’une attaque aérienne ordonnée par Donald Trump près de l’aéroport international de Bagdad. « L’Iran n’aura jamais d’arme nucléaire! », réaffirme Donald Trump.

lProcédure contre Téhéran
Le 14, Paris, Londres et Berlin annoncent avoir déclenché le mécanisme de règlement des différends (MRD) prévu dans l’accord afin de contraindre Téhéran à revenir au respect de ses engagements. Dans un communiqué commun, les trois pays se disent cependant opposés à « la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran ».
Le Premier ministre britannique Boris Johnson se dit prêt à remplacer l’accord de 2015 par un nouveau texte voulu par Donald Trump. L’Iran met en garde Berlin, Londres et Paris contre « les conséquences » de leur décision.
Source AFP