Rappel des principaux développements depuis l’annonce mardi par Donald Trump d’un plan de paix controversé pour le Proche-Orient qui accorde de nombreuses concessions à Israël, jusqu’à la rupture samedi par les Palestiniens de leurs relations avec Israël et Washington.

«Accord du siècle»
Le 28 janvier, le président américain dévoile à Washington, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un plan de paix qui prévoit l’annexion par Israël des colonies juives en Cisjordanie, en particulier dans la vallée du Jourdain. Le plan assure que Jérusalem restera «la capitale indivisible d’Israël» et propose de créer une capitale de l’Etat palestinien cantonnée dans des faubourgs de Jérusalem-Est.
Le président américain avait confié au printemps 2017 à son gendre et conseiller Jared Kushner l’épineuse tâche de concocter une proposition susceptible d’aboutir à «l’accord ultime» entre Israéliens et Palestiniens. «Ma vision présente (…) une solution réaliste à deux Etats», déclare M. Trump, évoquant un projet «gagnant-gagnant», mais donnant des garanties inédites à Israël.
«Monsieur le président, votre accord du siècle est la chance du siècle», lance M. Netanyahu qui salue «une journée historique».

Le plan ne «passera pas»
Le président palestinien Mahmoud Abbas affirme que le plan ne «passera pas». «Il est impossible pour n’importe quel enfant, arabe ou palestinien, d’accepter de ne pas avoir Jérusalem» comme capitale d’un Etat palestinien.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, rejette la proposition américaine. L’ONU souligne qu’elle s’en tient aux frontières définies en 1967, tout comme la Jordanie.
L’Union européenne réaffirme son engagement «ferme» en faveur d’»une solution négociée et viable à deux Etats». Mais Londres qualifie le plan de «proposition sérieuse».
Moscou appelle Israéliens et Palestiniens à entamer des «négociations directes» pour trouver un «compromis mutuellement acceptable». Ryad dit «apprécier les efforts» américains tout en renouvelant son «soutien inébranlable» aux Palestiniens. Le plan constitue un «important point de départ», estime Abou Dhabi.

Manifestations
Le 29, des Palestiniens manifestent contre le plan dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. La Ligue arabe dénonce «une grande violation des droits légitimes des Palestiniens». Le président turc Recep Tayyip Erdogan qualifie d’»absolument inacceptable» le projet.
La France insiste sur la nécessité d’une solution à deux Etats respectant le droit international. Dans la soirée, l’armée israélienne annonce renforcer sa présence en Cisjordanie occupée et près de la bande de Gaza avec des «troupes de combat».
Après un tir de roquette depuis la bande Gaza, l’armée annonce des frappes contre «un certain nombre de cibles terroristes du Hamas dans le sud de la bande de Gaza».
L’ambassadeur palestinien auprès des Nations unies, Riyad Mansour, affirme que Mahmoud Abbas plaidera d’ici quinze jours devant le Conseil de sécurité de l’ONU la cause de son peuple et son rejet du plan. Le 30, Benjamin Netanyahu présente au président russe Vladimir Poutine le plan comme une «opportunité unique».
Le 31, dans la nuit, de nouvelles roquettes sont tirées de Gaza vers Israël qui réplique avec des frappes sur des positions du Hamas, selon l’armée.
La première prière hebdomadaire sur l’esplanade des Mosquées depuis l’annonce du projet se déroule dans un calme relatif.

Rupture
Le 1er février, Mahmoud Abbas annonce la rupture de «toutes les relations», y compris sécuritaires, entre l’Autorité palestinienne d’une part, et Israël et les Etats-Unis d’autre part, lors d’une réunion extraordinaire de la Ligue arabe.
Le plan américain est une «violation des accords d’Oslo» signés avec Israël en 1993, déclare le président de l’Autorité palestinienne.n