Voilà encore une autre preuve que les intérêts des citoyens algériens ne sont pas défendus. Cette fois, le «coup» provient du secteur de l’eau minérale. Depuis quelques jours, tout le monde a eu à le subir à son insu. Le pack de six bouteilles d’eau minérale a vu son prix augmenter d’au moins 20 DA. La source de cette hausse serait donc la loi de finances 2021, votée par une APN ne représentant qu’elle-même – et dont les derniers jours sont, selon toute vraisemblance, comptés.
Depuis le 1er janvier dernier est entrée en vigueur la nouvelle redevance appliquée à l’exploitation du domaine public hydraulique naturel et dont le prix a quasiment doublé. Au lieu de 1,05 DA le litre, c’est devenu 2,07 DA.
Evidemment, les acteurs du secteur ne peuvent pas réfléchir à revoir à la baisse leur marge bénéficiaire. Un peu plus d’un mois plus tard, les producteurs décident d’augmenter leurs prix. Ils seront suivis par les grossistes, les distributeurs et les commerçants. Au bout de la chaîne, il y a le consommateur. Il est mis devant le fait établi et se retrouve dans l’obligation d’assécher encore plus ses ressources pour obtenir de l’eau minérale.
Cette hausse soulève plusieurs questions. Il y a d’abord cet accord entre tous les producteurs pour fixer la même augmentation. Le fait est vraiment à signaler et à mettre en avant. Il s’agit d’un «deal» entre des concurrents du même secteur pour fixer un prix ! Il y a comme un «hic» très difficile à digérer, surtout qu’au final c’est toujours le citoyen qui paye la facture.
Il y a également le «coût». Les Algériens se retrouvent obligés de payer entre 20 et 30 DA de plus que le prix habituel d’un pack d’eau, ce qui est loin d’être négligeable. D’autant plus que ce n’est pas un luxe pour les familles. Dans plusieurs régions du pays, l’eau du robinet est quasiment imbuvable et les citoyens n’ont pas d’autres choix que de se rabattre sur les packs.
Les Algériens sont dans l’obligation de subir les contrecoups de la crise économique du pays, sans moyens de défendre l’un de leurs principaux droits, celui de protéger leur pouvoir d’achat. Ce qui met en avant l’exigence de revoir de fond en comble la scène politique. Dans des conditions «normales», les députés devraient être les premiers défenseurs de ceux qu’ils représentent, et les partis présentés comme d’opposition, auraient été les premiers à monter au créneau. La réalité est toute autre.