C’est aujourd’hui que le Premier ministre présentera le plan d’action du gouvernement devant les députés. Les débats, qui s’étaleront sur deux jours, seront marqués par les interventions des députés.
Et la question que tout le monde se pose est de savoir si les locataires du palais Zighout-Youcef seront dans la continuité de leur soutien au gouvernement ou aborderont-ils sérieusement le contenu du plan d’action dans un débat contradictoire et réel. Cette question est d’autant plus pertinente que de tout temps, les parlementaires ont habitué l’opinion à faire des interventions d’appui et de soutien au gouvernement. Pire, les députés ayant mauvaise presse ont même réussi à transformer leur institution en une simple caisse de résonnance, dont le rôle est de faire adopter les projets du gouvernement.
Cette tendance sera-t-elle mise à mal avec l’avènement « de la nouvelle Algérie » telle que voulue par le Président Tebboune ? Interrogés, à cet effet hier, plusieurs députés ont indiqué leur volonté à débattre sérieusement du plan d’action tout en affirmant que leur soutien au gouvernement est dans l’ordre des choses. « Il ne faut pas voir d’un mauvais œil le soutien du FLN au gouvernement », nous explique un député de ce parti, précisant qu’« on ne peut pas faire partie d’un gouvernement et ne pas lui exprimer notre soutien. C’est une position politique ».
« Certes, on peut débattre du plan d’action du gouvernement, on peut le décortiquer mais, on exprimera à chaque fois notre appui au Président de la République et au gouvernement, car nous sommes partie prenante du gouvernement », tient-il à souligner. Un autre député FLN d’Alger abonde dans le même sens : « Nous demander de ne pas exprimer notre soutien et adhésion au plan d’action du gouvernement est quasiment impossible». Son argument est que « nous sommes au FLN en faveur du programme du Président et donc en faveur du plan d’action du gouvernement ». Un député RND, quant à lui, fait remarquer que « le fait pour nos députés de soutenir le plan d’action ne doit pas être perçue comme une mauvaise chose ». « Nous disons à chaque fois notre soutien au Président et au gouvernement pour nous démarquer de l’opposition qui a tendance à tailler en pièces le gouvernement », soutient-il. Un autre député RND fait remarquer que « je suis un expert économique, je peux discuter et débattre des aspects économiques et techniques du plan d’action mais à la fin, je vais exprimer mon soutien à Djerrad et à Tebboune ». Selon lui, « il est hors de question de ne pas soutenir le gouvernement car si on nous demande de l’intégrer, nous le ferons avec grand plaisir ». Par ailleurs, certains députés n’ont pas encore pris connaissance du contenu du plan d’action :
« D’habitude au sein du groupe parlementaire, on organise des rencontres autour des plans d’actions du gouvernement, ce qui n’a pas été le cas cette fois, ce qui fait que je n’ai pas encore pris connaissance du contenu du plan d’action », indique un député TAJ. D’autres députés, par contre, ont choisi sciemment de ne pas prendre connaissance du contenu du document du gouvernement, préoccupés beaucoup plus par la perte de l’immunité parlementaire et la dissolution de l’APN : « Comment voulez-vous demander à un député de s’enquérir du contenu du plan d’action alors que son mandat est menacé ? Les députés pensent avant tout à leur mandat. » « Ils ont été élus pour une période de 6 ans et pas moins », lance un député pour illustrer l’état d’esprit de beaucoup de ses pairs.<