C’est peut-être une lueur d’espoir pour les médecins résidents dans leur combat pour la révision du service civil, longtemps dénoncé par les spécialistes. Les députés seraient favorables à ce que ce système soit au mieux revu, à ce qu’il y ait des mesures visant à faciliter le déplacement et le travail dans les zones reculées du pays.

C’est, en effet, ce qui ressort de l’audience qu’a réservée la commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), aux délégués du Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA). Un délégué présent à cette réunion, qui a eu lieu dimanche, parle d’un « écho favorable » de l’ensemble des membres de la commission et même de son président Mohamed Bouabdellah, député du FLN.
« Tout le monde s’accorde à dire que le service civil est un échec », ajoute notre source qui décrit « une rencontre enrichissante » où les délégués du Camra ont posé sur la table toutes les questions liées à leur carrière.
Une copie de la plateforme des revendications remise au ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, a été enfin transmise à la commission de la santé de la chambre basse du Parlement, en attendant les conclusions.
D’après le même délégué, un consensus s’est établi sur la nécessité de revoir le service civil, d’une manière ou d’une autre. Il reste néanmoins que la formule n’est pas encore choisie. « La question qui a été posée, c’est comment trouver une alternative à ce problème et rapidement ? Va-t-on passer par une période transitoire où va-t-on garder le service civil ou décider de nouvelles mesures incitatives ?», précise notre interlocuteur. Ce dernier exprime même sa « confiance » quant à l’aboutissement de cette cause, surtout que la commission est présidée par le parti de la majorité parlementaire, le Front de libération nationale (FLN). Ce qui signifie que l’adoption de tout amendement ne sera qu’une simple formalité, une fois acquise au sein du gouvernement. Ce qui encourage encore le Camra, c’est la disponibilité du ministre de tutelle, Mokhtar Hasbellaoui, à étudier sérieusement les revendications. D’ailleurs, un délai de 15 jours lui a été accordé pour rendre ses conclusions et les médecins résidents restent attachés à cet ultimatum.

L’ensemble des CHU paralysé hier
Entre-temps, le mouvement de grève cyclique entamé le 14 novembre dernier ne va pas s’arrêter. Hier, au premier jour de la troisième semaine, l’activité médicale à travers l’ensemble des CHU du pays a été paralysée, à l’exception d’un service minimum au niveau des urgences et des gardes. Pour le taux de suivi du débrayage, le Camra l’estime à 90%.
« On attend toujours la réponse du ministre. Mais, entre-temps, nous continuons notre mouvement de protestation et demain (aujourd’hui, Ndlr), nous avons un rassemblement au CHU de Bab El Oued qui regroupera les wilayas du Centre, à savoir Alger, Blida et Tizi-Ouzou », précise notre source.
S’agissant de la revendication portant sur la dispense du service militaire pour les médecins résidents hommes, le représentant du Camra, qui dit comprendre que le point ne relève pas des prérogatives du ministère de la Santé, indiquera que « le professeur Hasbellaoui a promis de débattre de la question avec les responsables du ministère de la Défense nationale (MDN) ainsi que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia ».
Il s’agit, en effet, d’une revendication sur laquelle les médecins résidents ne comptent pas lâcher prise, à moins d’une redéfinition de ce service, car, disent-ils, « tous les citoyens doivent être égaux en droits et en devoirs, selon la Constitution algérienne ».
Avec le consensus qui se dessine à l’APN et le soutien des syndicats du secteur, l’on se dirige droit vers la révision enfin du service civil dans sa forme actuelle. Et là, le combat du Camra de 2011, puis de l’actuel collectif qui a repris le relais ne sera pas vain.