Le jeune cinéaste Islam Guerroui a présenté, avant-hier, deux courts métrages, le premier intitulé «Cold» (froid) et le second «Little Family» (la petite famille), dans le genre thriller psychologique, à la salle de cinéma El Khayam (ex-Debussy), dans le cadre des activités du cinéclub « Grand écran».

Le premier court métrage de trois minutes, «Cold» (froid), traite du phénomène du harcèlement qui a fait surface de façon alarmante, il y a des années en Algérie et dans certains autres pays. C’est l’histoire d’une jeune femme qui est suivie par un homme assez louche dans les rues d’Alger. Mais, au final, dans ce cas, les apparences sont trompeuses. En effet, le harceleur se transforme en victime quand il se fait assassiner par la jeune femme.
Quant au deuxième film «The Little Family» (la petite famille), il s’agit d’un genre d’horreur psychologique, en s’appuyant sur le mystère et le suspense en même temps. Cette peur qui fait frissonner dans le dos raconte l’histoire de Samia, une veuve depuis cinq ans. Sa vie bascule quand elle reçoit une lettre de son mari disparu qui lui demande de jouer à un jeu pour avoir une chance de le revoir lui et sa petite fille de six ans. Un jeu qui va mener Samia dans les dédales les plus sombres d’un esprit tourmenté.
Le réalisateur s’est appuyé sur un style qui se rapproche du style du mythique maître du suspense Alfred Hitchcock dans son utilisation de différentes techniques de suspense, comme le choix de la musique ainsi que l’image en noir et blanc.
Islam Guerroui dira à propos de sa démarche, lors du débat qui a suivi la projection, que «je m’inspire beaucoup de l’école d’Hitchcock. Je voudrais souligner que je viens d’une famille de cinéphiles et nous aimons beaucoup ce genre de cinéma. C’est ce qui m’a poussé à me pencher sur ce style cinématographique». Il précise dans ce sillage que «le cinéma algérien doit expérimenter d’autres horizons et ne pas se contenter du genre comédie, drame ou encore de film de guerre».
Par ailleurs, le jeune réalisateur confiera que certains jeunes talents ont réalisé de belles œuvres dans le genre horreur, malheureusement, ils «n’ont pas eu l’écho qu’ils méritaient. Il faut projeter ce genre de films, car il a son public», déclare-t-il. Le jeune réalisateur donnera ensuite un exemple sur certains pays «qui font des rentrées financières importantes grâce à des films de ce type, qui font partie intégrante, aujourd’hui, de la culture populaire» Estimant toutefois que «certes on peut prendre exemple sur eux mais cela n’empêche pas la mise en place d’une empreinte spéciale algérienne».
A propos de son choix du noir et blanc, le réalisateur a souligné que la raison en est que l’histoire est «tirée d’un cauchemar, personnellement quand je rêve, les images me viennent en noir et blanc, je n’ai jamais rêvé en couleur». Concernant la présence du chat noir dans le deuxième film, «la petite famille», est porteur d’une symbolique qui «suggère la solitude vécue par certaines personnes qui les pousse à adopter un chat». En ce qui concerne l’écriture du scénario, le réalisateur a confié lors du débat qu’ «au début, j’écrivais et j’effaçais certaines scènes, car j’avais du mal à mettre sous une forme que l’on peut filmer. Mais ensuite, j’ai découvert que tout cela est faux, je devais laisser toutes les scènes comme elles me viennent dans mon imagination, et après trouver des solutions afin de les monter en séquences de film». n