Par Hakim Ould Mohamed
Les prix du pétrole ont retrouvé, hier, leur tendance haussière, au lendemain de la réunion du Comité conjoint de monitoring de l’Opep+, nourrissant un certain optimiste prudent quant à un probable retour plus tôt que prévu du marché à l’équilibre. Le mouvement des cours traduisait à juste titre l’optimisme des investisseurs ; le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin valait 67,11 dollars à Londres, en hausse de 0,77% par rapport à la clôture de mardi. La référence américaine, le WTI, pour le même mois grappillait 1,21%, à 63,70 dollars. Les pays producteurs étaient eux aussi comme satisfaits de la reprise des cours de ce mois d’avril. Ce pourquoi la décision de maintenir leur stratégie de retour progressif de l’offre de pétrole brut sur le marché à l’issue de la réunion de mardi, qui, en plus de maintenir les quotas décidés lors de la dernière réunion d’avril, a recommandé à la réunion ministérielle d’ajourner sa conférence prévue, hier, au 1er juin prochain. «Les prix sur le marché sont actuellement plus ou moins stables (…), nous espérons que cette tendance se poursuivra jusqu’à la fin de l’année», a indiqué le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak chargé de l’Energie, interrogé par la chaîne de télévision Rossia 24. En tout cas, le marché a accueilli positivement les décisions prises à l’issue de la réunion de mardi du comité de l’Opep+ chargé du suivi de l’application des accords de réduction de la production. Le maintien de la même politique signifie que les 23 pays producteurs siégeant dans l’Opep+ devraient augmenter un peu chaque mois leur production d’or noir à compter de mai. Lors de sa précédente réunion d’avril dernier, le Comité conjoint de monitoring de l’Opep+ avait décidé d’augmenter son niveau actuel de production de 350.000 barils par jour en mai, puis d’autant en juin et enfin de quelque 450.000 barils supplémentaires par jour en juillet. Considérant cette décision, les analystes d’UBS ont confirmé, hier, leur objectif de cours pour le Brent à 75 dollars le baril au second semestre, Goldman Sachs tablant de son côté sur 80 dollars. Le maintient de la politique de hausse progressive de la production des pays de l’Opep+ obéit en tout cas aux perspectives d’une demande de brut semblant s’améliorer considérablement en Europe, en Chine et aux Etats-Unis. Cependant, les inquiétudes restent intactes quant à l’évolution des contaminations au Covid-19 en Inde, au Brésil et au Japon et qui pourrait lézarder l’espoir d’une reprise soutenue de la demande mondiale de pétrole. Les ministres de l’Opep+ qui se sont réuni mardi ont relevé d’ailleurs «une hausse des cas de Covid-19 dans un certain nombre de pays, malgré les campagnes de vaccination», une «résurgence qui pourrait entraver la reprise de l’économie», lit-on dans une déclaration commune postée sur le compte twitter de l’Opep à l’issue de la réunion de mardi. Les choses deviendront en tout cas un peu plus claires d’ici la prochaine réunion de l’Opep+, prévue le 1er juin prochain. L’OPEP+ a par ailleurs annoncé que le prochain sommet de l’alliance se tiendrait le 1er juin, l’occasion «d’examiner les niveaux de production pour juillet, août et jusqu’à la fin de l’année», a indiqué Alexandre Novak, chef de file des producteurs non-Opep siégeant dans l’Opep+. n