Il est plus que jamais clair que la production américaine du pétrole de schiste s’érige en parfaite menace contre les accords conclus par l’Opep et ses partenaires hors Opep. En témoigne la tendance observée hier sur les marchés, à l’ouverture des cotations hebdomadaires.


En effet, au lendemain de la réunion, à Vienne, du comité de suivi desdits accords, qui aura confirmé une bonne adhésion des producteurs à la décision de limitation de la production, les marchés sont restés de marbre, affectés par une hausse effrénée de l’offre américaine.
Dit autrement, la hausse des extractions américaines contrebalançait les annonces des pays engagés par l’accord de limitation de la production. Les données hebdomadaires du groupe Baker Hughes font état d’une hausse importante du nombre de puits actifs aux Etats-Unis. La production américaine ne s’est jamais aussi bien portée depuis la fin 2015. En effet, le nombre de puits actifs a augmenté de 29 la semaine dernière, les amenant à leur plus haut niveau depuis fin 2015, selon le groupe privé Baker Hughes. Le nombre des forages en activité a grimpé ainsi à 551, la semaine dernière, enregistrant sa plus importante progression hebdomadaire depuis juin et son plus haut en 14 mois. Les producteurs américains profitent de la hausse des prix entamée fin 2016 après que les membres de l’Opep et leurs partenaires se sont engagés à limiter leur production. Les premières évaluations de ces accords font ressortir un taux d’adhésion encourageant, mais qui reste jusqu’ici sans conséquence sur les cours, tant il est vrai que la baisse de l’offre de l’Opep et ses partenaires risque d’être compensée par une hausse fulgurante de la production américaine. En réunion dimanche à Vienne, « les ministres de l’Energie des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont tenté de minimiser l’importance de la production américaine, ce qui peut être interprété comme un signe d’impuissance de leur part », ont estimé les analystes de JBC Energy. Cependant, les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la hausse de l’offre américaine qui pourrait éclipser les efforts déployés par l’Opep et ses partenaires pour éponger les excédents de production dont souffrent les marchés. Signe de cet engagement palpable, l’Opep et les pays non-membres ont réduit leurs productions respectives de 1,5 million de barils par jour depuis le 1er janvier, date de l’entrée en vigueur des deux accords, dont le premier a été conclu le 30 novembre 2016 par les membres de l’Opep, tandis que le second a été paraphé par l’Opep et ses dix producteurs non Opep le 10 décembre dernier. Ces accords, si honorés, devrait permettre la diminution de l’offre d’environ 2% sur une période de six mois, alors que bon nombre d’analystes estiment que l’Opep et ses partenaires devraient reconduire la date de validité des accords pour permettre au marché de se rééquilibrer vers la fin de l’année en cours. Le ministre saoudien avait dit espérer que tous les pays signataires atteindraient en février leur objectif d’une réduction globale de 1,8 million de barils/jour et prédit un retour à la normale d’ici le milieu de l’année du niveau des stocks de pétrole disponibles sur le marché. « Limiter la production est important pour empêcher les marchés du pétrole de sombrer, mais il faut noter que pour qu’une hausse réelle s’engage, la demande compte aussi. Comme cette dernière stagne actuellement, les investisseurs restent peu convaincus », a expliqué Ipek Ozkardeskaya, de London Capital Group. Mais la plus grande menace pour les accords en question est sans l’ombre d’un doute la hausse effrénée de la production américaine. Plutôt que de reprendre du poil de la bête dans le sillage des chiffres encourageants de l’Opep, les cours ont entamé la semaine en baisse ; la perspective d’une hausse de la production américaine continue de peser sur le marché. Vers 14h00, le Brent pour livraison en mars sur le ICE Futures Exchange de Londres perdait 44 cents ou 0,79% à 55,05 dollars le baril. Le brut de référence américaine pour livraison en février perdait 58 cents ou 1,09% à 52,64 dollars le baril sur le New York Mercantile Exchange.