Le second Café littéraire et culturel au Centre culturel français (CCF) de Constantine a accueilli notre confrère, sociologue, écrivain, et d’autres talents cachés, et, bien sûr, journaliste. Pour résumer l’errance et la compétence de l’invité du CCF et de Média-Plus, il s’agit d’un « koul sbaâ b’sanaâ », Ameziane Ferhani.

Des « radotages » de son père, qui a usé ses pantalons sur les bancs du lycée Redha-Houhou, anciennement d’Aumale, dans les années 1940, aux confins de l’Asie et de l’Amérique, l’auteur de « Les Couffins de l’équinoxe », celui qui a promis à son géniteur d’écrire un jour sur Constantine, l’a fait, mais en passant par Goa. Une parabole extraordinaire, dont nous ne conterons pas la nouvelle pour vous inciter à aller piocher dans le nomadisme littéraire qui caractérise le livre de Ferhani. S’expliquant sur son penchant pour les nouvelles, Ameziane articulera ses intentions autour du conte de nos enfances, les histoires racontées par nos grands-mères et grands-pères, des griots qui s’ignoraient.
« D’ailleurs, argumentera-t-il, le terme de nouvelle n’existe que dans la langue française, les Anglo-saxons, comme les Arabes parlent d’histoires courtes. Et c’est ce que j’aime écrire ».
Comme pour sa première œuvre « Traverses d’Alger », Ferhani a sorti de sa plume 13 nouvelles. Un chiffre qu’il semble apprécier, non pas pour le mystère qui entoure ce chiffre, maléfique pour certains et porte-bonheur pour d’autres, mais « tout simplement en référence aux 13 fruits secs qui composent la corbeille de gourmandises servies lors de la fête de Yennayer. Et là, je suis passé de la corbeille aux couffins ». Si vous en avez rêvé, Ameziane l’a fait pour vous !
Pour ses couffins justement, ceux de l’équinoxe, l’auteur a quitté Alger, lieu de prédilection de ses premières nouvelles, pour nous inciter à des voyages merveilleux qu’il n’a jamais faits, pour la plupart. Peu importe, pour le prix d’un livre, Ferhani nous propose un tour du monde qui passe par des escales de rêve, comme Beyrouth, Mexico, Gao, Londres. Pour nous offrir ses voyages et ses contes, l’auteur des « Traverses d’Alger » a dû se convertir en rat de bibliothèque, pour connaître, par exemple, les lois qui régissaient les fermes coloniales pour son histoire d’amour entre une fille de colon et un palefrenier ! Entouré de nos confrères Hayet Kerboua, en modératrice de charme, et de Yassine Hannachi, de Média-plus, Ameziane Ferhani insistera, sans avoir l’air, pour nous lire la dernière nouvelle de son recueil, mais the last but not the least, comme diraient les Anglophones, la place qu’occupe l’histoire dans le fond des couffins n’illustre en rien la magie et le suspense que l’on ne soupçonnait point. Une histoire que l’on croyait rocambolesque, puisque l’ancien journaliste du défunt «Algérie Actualités», nous transporte des rives de Goa l’indienne à ceux de Constantine l’ancienne. Et ce n’est qu’avec les larmes que Ferhani versera à la fin de sa lecture et que… Et puis non, il faut lire la nouvelles vous-mêmes pour avoir le fin mot de l’histoire, mais si Ameziane Ferhani est dans le coin, demandez-lui de vous la lire. Il se fera un plaisir, mais teinté d’une grande tristesse pour vous la conter.
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lAmeziane Ferhani « Les couffins de l’équinoxe » – Editions Chihab, Alger 201