Le processus de consultations qu’a entamé le Président de la République avec des personnalités nationales et chefs de partis est un «signe de bon augure» et «un pas en avant à valoriser», selon des professeurs universitaires.
Le Président Abdelmadjid Tebboune a reçu, il y a quelques jours, Ahmed Benbitour et Abdelaziz Rahabi, respectivement ancien chef de gouvernement et ancien ministre, comme il a reçu Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement, lundi dernier, avant d’aller, le même jour, rendre visite à Taleb Ibrahimi, ancien ministre des Affaires étrangères, en son domicile. Avant-hier, c’étaient Djilali Soufiane, président du parti Jil Jadid, et Karim Younès, ancien président de l’APN et coordonnateur de l’instance de dialogue, qui ont été reçus par le Président. Hier encore, il a reçu le moudjahid Youcef Khatib.
«L’ensemble de ces rencontres, qui rentrent dans le cadre des consultations lancées par le président de la République avec des personnalités nationales, des présidents de partis et des représentants de la société civile s’inscrivent dans sa démarche annoncée avant et après son élection», a tenu à rappeler le politologue et professeur universitaire Mustapha Bourzama, qui qualifie cette initiative de «signe de bon augure», comme il estime que c’est «un pas en avant à valoriser». Cet avis est partagé par Ameur Rekhila, également professeur universitaire, selon lequel «la démarche adoptée par le Président est, sans aucun doute, un pas positif qui va mener vers le dialogue» et que «son initiative est à approfondir».
De même qu’il considère «les personnes rencontrées jusque-là par le Président ont des principes fondamentaux auxquels elles tiennent, des points de vue et une expérience à partager», le professeur Rekhila considère également que «les partis politiques doivent jouer un rôle déterminant» dans le processus en cours.
«Même si actuellement la classe politique est en quelque sorte en torpeur, il n’en demeure pas moins qu’elle possède un cadre et des canaux d’influence… Sans oublier la société civile, notamment les associations, qui, elle aussi, a un grand rôle à jouer d’autant qu’elle a des revendications à satisfaire», a-t-il ajouté, non sans évoquer «la nouvelle génération qui a, elle aussi, sa vision dont il faut tenir compte». Quoi qu’il en soit, conclut-il, l’initiative du Président « apporte une valeur ajoutée dans cette situation difficile, en ce sens qu’elle encourage le dialogue et la consultation de tous». M. Bourzama abonde dans le même sens et qualifie la démarche des consultations de M. Tebboune de «nouvelle philosophie d’un Président qui tend vers un dialogue sérieux en tenant compte des avis de tous, personnalités, partis et société civile, pour construire ensemble un Etat de droit et des institutions».
Mais l’autre question importante, selon ce professeur, est de savoir si ces consultations permettront de sortir avec une véritable plate-forme concernant le volet politique dans son volet portant révision de la Constitution.
Il explique qu’il s’agit, entre autres, de la définition de la nature du régime à adopter parmi les régimes présidentiel, semi-présidentiel ou parlementaire. «C’est une question importante qui doit être discutée», soutient-il.
«Faire participer tout le monde est une très bonne initiative qui, à mon sens, renforce le front social et rassure la classe politique à travers sa participation à la construction du pays», a souligné M. Bourzama qui soutient qu’«il ne faut pas non plus occulter la partie du message du Président qui veut et appelle à la participation du Hirak aux consultations et au dialogue». A propos de la consultation du Hirak, il insiste sur le fait qu’«on ne peut pas construire un pays si on ne se met pas tous à la table du dialogue pour donner et partager nos idées et propositions, pour que nous puissions tous laisser notre empreinte dans la nouvelle Constitution et dans la nouvelle Algérie»
Il convient de noter que «les consultations lancées par le Président de la République avec des personnalités nationales, des présidents de partis et des représentants de la société civile portent sur la situation globale du pays et la révision de la Constitution, afin d’asseoir les bases de la nouvelle République qui est au centre des revendications populaires».
La série de rencontres et de consultations du Président avec des personnalités et présidents de partis se poursuivra durant les prochains jours, selon la présidence de la République.n