A la veille d’une rentrée sociale de toutes les interrogations, la situation politique en Algérie demeure marquée par une crise qui s’est avérée plus complexe que prévue. Le mouvement populaire et celui des étudiants continuent à occuper la rue chaque mardi et chaque vendredi, sans relâche. Alors que des partis de l’opposition fustigent le manque de sincérité du pouvoir dans sa démarche. En parallèle, le pouvoir, qui voudrait donner l’air que la situation est sous maîtrise, continue à appeler au retour impératif à l’élection présidentielle. Entre les deux, les tentatives d’entamer un dialogue péchent par un manque d’efficacité flagrant. Depuis plus de six mois, il y a comme une impasse politique qui dure dont la clé semble introuvable. Le gouvernement paraît depuis en état de fragilisation apparent, les ministres qui osent des sorties publiques évitent rarement d’être chahutés. A l’évidence, l’on est loin d’un fonctionnement normal du gouvernement.
La tentative d’entamer un dialogue global qui aurait pu constituer une possibilité de sortie de crise, pour peu que les préalables au départ aient été acceptés par le pouvoir, est arrivée à ses limites.
Au-delà de ce seuil, il est devenu impossible de continuer à tenter de concilier l’inconciliable.
Il est clair qu’il faudrait faire preuve d’imagination et changer de biais. Le panel conduit par Karim Younès et Ammar Belhimer est arrivé à conclure son action par l’annonce de la nécessité d’une élection présidentielle « dans les plus brefs délais ». Rien de nouveau sous le ciel d’Algérie.
En réalité, la question de l’élection présidentielle ne semble pas, en l’état, susciter un clivage entre les différents acteurs politiques du pays.
L’élection d’un président de la République est indispensable, voire obligatoire, pour passer à une autre étape de la reconstruction d’un pays entré en turbulence politique depuis la démission de Bouteflika. Ce sont les conditions avec lesquelles devrait se faire cette élection qui continuent à poser problèmes. Et pour l’heure, force est de constater qu’il y a peu de signes qui prêtent à l’encouragement.