Comme le veut la coutume, une parade avec le trophée s’impose à chaque consécration. De retour à Yaoundé, la sélection camerounaise ralliait le pays pour la 5e fois de l’histoire avec la prestigieuse récompense dans les bagages. Une foule gigantesque attendait les nouveau Champions d’Afrique lorsque l’appareil a atterri, en fin d’après-midi de lundi, sur le tarmac de l’aéroport de la capitale. L’image était belle.
Peu sont ceux qui pensaient la vivre au terme de la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon) étant donné que les «Lions Indomptables» n’étaient considérés que comme outsiders. Un statut de substitution que leur conférait plus le passé glorieux de leurs ainés plutôt que le potentiel présent d’un effectif largement rajeuni et revisité par le nouveau sélectionneur Hugo Broos. « C’était compliqué, mais on a un bon collectif avec des joueurs solidaires.
C’est ça qui fait la magie de cette équipe. D’ailleurs le but tardif n’est pas un hasard, car le buteur, on l’appelle AVC, Aboubakar Vincent du Cameroun. C’est un des joueurs les plus critiqués, donc je suis très fier qu’il marque ce but qui a délivré le Cameroun», notait un supporteur. «Durant la rencontre, on a eu un peu la tremblote, mais on savait que les choses allaient changer. Vous savez, le football c’est aussi le hasard. L’équipe a été très critiquée au pays et on n’y croyait pas vraiment. Toutefois, une fois qu’ils ont commencé à jouer, on s’est dit qu’ils pouvaient aller très loin. La particularité de cette équipe, c’est le collectif » admet un autre. Benjamin Moukandjo, le capitaine de l’équipe, sortant de l’avion le Graal entre les mains, le rêve inimaginable devenu réalité concrète. La 5e étoile sera cousue sur l’écusson. Cela ne pouvait que combler de bonheur les milliers de fans qui ont fait le déplacement pour voir les héros de près. Après la descente de l’avion, Vincent Aboubakar & cie devaient joindre le salon d’honneur où les attendait des membres du gouvernement. Une réception officielle à la hauteur de l’exploit. Mais avant cela, il y avait la case du personnel de l’aéroport avec les photos et les autographes que tout le monde voulait avoir en guise de souvenir avec les artisans de la consécration suprême dans l’Afrique du football. Dans pareils cas, on ne peut pas passer inaperçu.
Déjà un avant-goût de l’euphorie qui attendait les successeurs de la Côte d’Ivoire au palmarès de la CAN. Dehors, dans les rues, c’était la liesse. Mais l’image marquante était, inévitablement, ce bus ordinaire qui transportait les poulains d’Hugo Broos. Pas de bus à l’impériale pour parader comme cela se fait habituellement. Cependant, le plus important était là. La reine africaine faisait partie du cortège et c’était l’essentiel. Le «bling-bling» c’est le reflet doré de celle que 15 autres sélections ont courtisé en vain. L’auguste dame ne se fie pas au luxe.
La seule chose qu’elle demande c’est l’abnégation et l’envie de la prendre par la main. C’est au Cameroun qu’elle a convolé et là-bas elle restera pour deux années avant la prochaine édition qui se tiendra sur les terres qui l’accueillent présentement. Nul doute qu’il sera difficile de la convaincre de changer de demeure. Sur leur territoire, les «Lions» ne se laisseraient certainement pas faire.
M. T.