Les perspectives paraissent particulièrement favorables et prometteuses dans le secteur du tourisme. Dans un document, qu’il a établi et dont nous détenons copie, le cabinet britannique Oxford Busines Group (OBG), reprenant des indications formulées par World Travel & Tourism Council (WTTC) (Conseil mondial du voyage et du tourisme, l’affirme par les chiffres.

Il écrit : Les efforts déployés par l’Algérie pour attirer de nouveaux investissements dans le secteur touristique s’inscrivent dans la « perspective d’une hausse anticipée des arrivées. 4,4 millions de touristes internationaux sont attendus en Algérie en 2027, contre 2,4 millions aujourd’hui ». Les recettes totales devraient, quant à elles, atteindre 1 500 milliards de dinars (11,2 milliards d’euros), contre 1 200 milliards de dinars (8,9 milliards d’euros) enregistrés l’an dernier. Dans son bilan annuel du secteur, le World Travel & Tourism Council prévoit un retour des investissements dans les années à venir après un « affaissement en 2017 », avec une hausse de « 4,1% par an au cours des dix prochaines années ». Cette hausse des investissements devrait faire passer la contribution du secteur aux investissements nationaux de son taux actuel de 2,5% à 2,8% d’ici 2027, poursuit le rapport. Cette reprise des investissements, le gouvernement entend la soutenir par de la formation, l’amélioration de l’image de l’Algérie et par la mise à niveau de certaines infrastructures. Il est ainsi attendu qu’un nouveau terminal à l’aéroport Houari-Boumediène d’Alger entre en service d’ici le deuxième trimestre de l’année prochaine, portant la capacité d’accueil annuelle totale à 10 millions de passagers, contre 6 millions actuellement. En outre, un nouveau terminal est en construction à l’aéroport Ahmed-Ben Bella à Oran, avec une ouverture prévue en mars prochain et une capacité annuelle qui passera de 2,5 millions à 3,5 millions de passagers. Ces projets permettront au pays de renforcer sa capacité à accueillir des transporteurs internationaux. OBG estime que l’annonce de ces nouvelles infrastructures arrive à point nommé dans la mesure où le pays enregistre un nombre croissant de visiteurs et où les prévisions annoncent une hausse soutenue des entrées de capitaux sur le moyen terme. Le 27 septembre, dernier le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Hacène Mermouri, a annoncé que 1 812 projets de réalisation de nouvelles infrastructures hôtelières avaient été agréés par le ministère.

La formation, l’autre défi
Cette série de projets devraient porter la capacité d’accueil à 240 000 lits, contre 100 000 lits actuellement, et créer 99 000 emplois. 582 des projets agréés, dont le montant global s’élève à 1,1 milliard de dinars (8,2 millions d’euros), sont déjà en cours de construction, avec à la clé 75 300 lits supplémentaires et la création d’environ 36 000 emplois directs, selon M. Mermouri, cité dans le document d’OBG. En tout, ce sont 110 projets qui devraient être achevés d’ici la fin de l’année. Pour le cabinet britannique, l’annonce du ministère représente une « avancée considérable » pour le secteur touristique, les nouveaux lits permettant non seulement de renforcer la capacité d’accueil générale mais également de faire baisser les prix et de diversifier l’offre hôtelière. Tout le monde sait que la faible capacité hôtelière est un facteur handicapant dans le secteur. Elle constitue depuis longtemps un obstacle majeur au développement du secteur. Selon les estimations publiées dans le rapport « Compétitivité dans le secteur du tourisme et des voyages 2017 » du Forum économique mondial, l’Algérie compterait 0,1 chambre d’hôtel pour 100 habitants, se classant dans cette catégorie à la 111e place sur 136 pays. Au chapitre formation, le secteur touristique accorde désormais une attention accrue à la formation professionnelle, selon Lazhar Bounafaâ, P-DG du Groupe hôtellerie tourisme et thermalisme, cité dans le document d’OBG. Evidemment, le développement d’un capital humain qualifié est considéré comme crucial pour le futur développement du secteur. « Il faut, relève-t-il, que le secteur développe les partenariats entre les secteurs public et privé en matière de formation et d’enseignement afin de générer une main-d’œuvre capable de développer des projets hôteliers et d’améliorer la productivité et la performance du secteur ». L’importance de créer une main-d’œuvre qualifiée à tous les échelons a également été évoquée par les chefs d’entreprise interrogés par OBG dans sa toute nouvelle enquête Business Barometer, Algeria CEO Survey. Plus de 35% des cadres dirigeants interrogés ont cité l’aptitude à diriger une équipe comme étant la compétence la plus recherchée dans le monde du travail tandis que pour 30% les compétences en matière de gestion d’entreprise occupent la première place, devant l’ingénierie, la recherche et le développement.