Dans le football, la notoriété ne confère rien. Aucune équipe ne peut se reposer sur ses acquis. Et ce qui est arrivé avec l’Italie et le Portugalvient démontrer ô combien est sinueuse la route vers le Mondial. Les deux derniers détenteurs de l’EURO (2016 et 2020) n’ont pas pu se qualifier directement pour la Coupe du Monde. Pourtant, sur le papier, cela avait l’air d’une formalité. Et le pire, c’est qu’ils pourraient se rencontrer lors de l’ultime transit.

Par Mohamed Touileb
Il y a 4 mois, la ‘’Squadra Azzura‘’ se posait sur le toit de l’Europe. Emmenés par Roberto Mancini, les Italiens signaient de superbes performances atteignant la série de 37 matchs sans défaite. C’est le record absolu chez les sélections.

Une défaite peut tout enrayer
Cette dynamique a été complètement brisée par le revers (1-2) contre l’Espagne en demi-finale de la Ligue des Nations UEFA. Les Transalpins jouaient à domicile, à Milan plus précisément, là où ils n’avaient pas perdu depuis 1999. Le bilan était implacable : 30 victoires et 7 nuls ont été enregistrés, ainsi que 93 buts marqués et seulement 12 encaissés durant cette série.
On pensait alors que le chemin vers le rendez-vous qatari était tout tracé. Mais il s’est avéré que la défaite infligée par les Espagnols dans un tournoi secondaire a laissé des séquelles plus importantes que prévu. Malgré le sursaut d’orgueil dans le match pour la 3e place dans l’épreuve européenne, les camarades de Leonardo Bonucci n’ont pas pu retrouver le chemin du succès dans les éliminatoires de la CDM 2022. Les 2 nuls contre la Suisse (1-1) « at home » et l’Irlande du Nord (0-0) en déplacement ont coûté la première place du groupe ‘’C‘’ aux maîtres du Vieux Continent. Pendant que les « Azzurri » étaient accrochés chez les Nord-Irlandais, les Suisses atomisaient la Bulgarie (4-0) pour donner lieux au scénario improbable et rappeler que le football n’obéit à aucune exactitude.

L’aura et le talent plient face à la détermination
D’ailleurs, dimanche, avec le Portugal, on était quasiment dans le même cas de figure. Sauf que la Serbie, qui disputait la qualification, était confrontée, dans un duel direct, aux Portugais à Lisbonne. Les Lusitaniens n’avaient besoin que d’un nul pour passer. Emmenée par Cristiano Ronaldo et avec de sacrés arguments sur papier comme les Bernardo Silva, Ruben Dias et Renato Sanches, la ‘’Seleção‘’, a vu les Serbes, qui ont joué et cru en leurs chances jusqu’au bout, réaliser un sacré hold-up dans les derniers instants de la partie pour s’imposer 2 buts à 1. Un résultat qui contraint CR7 et ses camarades à passer par les barrages dans l’espoir de chiper un des 3 sésames que se disputeront les 12 équipes rachetées (les dix 2es des poules et 2 équipes reversées de la Ligue des Nations UEFA). La mission ne sera pas facile. Les deux champions d’Europe sortants devront ferrailler s’ils veulent être présents au raout planétaire du football. Si ce sport est magique, par moments, il est tragique. Le Portugal et l’Italie l’ont vérifié à leurs dépens. Fort heureusement, il y a possibilité de rachat. Mais rien n’est garanti.