Face à la surcharge que connaissent les différents centres pour enfants assistés, et à la lenteur observée dans le traitement des dossiers de kafala, la  vice-présidente de l’Assemblée populaire de la wilaya d’Alger (APW), Farida Djabali, a mis l’accent, lundi dernier, sur «la nécessité de faciliter les procédures juridiques relatives à la prise en charge de l’orphelin», ajoutant que «les centres pour enfance assistée d’El Biar, de Aïn Taya et d’El Mohamadia souffrent d’une surcharge et les enfants qui s’y trouvent ont besoin de la chaleur familiale».

La responsable a indiqué que «la complexité des procédures juridiques ne jouent pas en faveur des enfants orphelins». Dans ce sillage, elle a fait savoir que 830 dossiers de demande de kafala, déposés à la wilaya d’Alger, sont toujours en cours de traitement et cela depuis 2011. Elle a mis l’accent, à ce titre, sur l’impératif «de mettre à jour les lois» relatives à la prise en charge de l’orphelin, «faciliter les procédures et réduire la durée d’examen des dossiers de kafala», soulignant que le juge des mineurs prend un temps considérable pour examiner ce type de dossiers présentés par la direction des affaires sociales de la wilaya d’Alger. Mme Djabali a indiqué que la complexité des procédures relatives à la kafala ne sert absolument pas l’intérêt de l’enfant assisté et le prive de la chaleur familiale. De son côté, Abderrahmane Arrar, président du réseau algérien pour la défense et protection des droits des enfants (NADA), ne semble pas partager le même avis que la vice-présidente de l’APW d’Alger et a estimé que les problèmes qui pénalisent les enfants orphelins sont ailleurs.  «Les textes de loi appliqués chez nous en ce qui concerne la kafala sont formidables et garantissent le meilleur pour l’enfant et lui assurent une très bonne protection. Pour ce qui est du temps consacré à l’étude d’un dossier de kafala, il est normal que les commissions installées à cet effet prennent le temps nécessaire pour étudier ces dossiers, il s’agit de vies d’enfants», a-t-il souligné. «Le problème ne se situe pas au niveau de la procédure, mais au niveau des ressources humaines mobilisées pour le traitement des dossiers de kafala. Nous savons tous qu’ils travaillent en sous-effectifs, c’est pour cela que le traitement d’un dossier prend autant de temps, allant même jusqu’à 5 ans d’attente pour les parents et l’enfant, cela est aberrant !», a déploré notre interlocuteur. Abderrahmane Arrar a également regretté l’absence de suivi des enfants sous kafala. «Il n’est pas concevable que ces milliers d’enfants sous kafala ne soient pas suivis par les autorités. Il arrive parfois que des personnes malintentionnées maltraitent ces enfants ou les abandonnent. Cela s’est déjà produit et risque de se reproduire en l’absence de contrôle. C’est pour cela qu’il est urgent aujourd’hui de réfléchir à la création d’un mécanisme d’assistance à ces enfants», a préconisé notre interlocuteur.

Rappelons, qu’en Algérie, un enfant ne peut être mis sous kafala sans que les parents demandeurs ne répondent à un certain nombre d’exigences pointues, afin de garantir une bonne prise en charge de l’enfant. Cependant, ils sont nombreux à dénoncer les lenteurs observées dans le traitement des dossiers, période qui peut s’étaler sur de nombreuses années.  L’an dernier, de nombreux parents d’enfants sous kafala n’ont pas hésité à dénoncer le fait de ne pas pouvoir voyager avec leur enfant sans autorisation d’un juge.  Sur ce point, les autorités se sont montrées intransigeantes, surtout que cette obligation a été mise en place suite à un trafic d’enfants découvert entre l’Algérie et la France.