Exceptionnel a été le déroulement de l’examen du baccalauréat en cette année 2020 dominée par la pandémie de coronavirus et exceptionnels seront les résultats. Tous les candidats ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 9/20 auront leur bac «à titre exceptionnel», selon l’annonce faite, hier, par le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout.

«Il a été décidé, en complément des dispositions de l’arrêté numéro 25 du 2 octobre 2007 fixant les modalités d’organisation de l’examen du baccalauréat, modifié par l’article 23 bis, que tout candidat ayant obtenu une moyenne égale ou supérieure à 9/20 est considéré admis, à titre exceptionnel, à l’examen du baccalauréat session 2020», a affirmé le ministre, dans une déclaration à la presse au siège de son département ministériel. En d’autres termes, l’option de rachat, mesure qui intervient conformément au cadre légal susmentionné, sera appliquée à tous les candidats ayant obtenu la moyenne minimale requise, et ce, au vu des conditions particulières dans lesquelles se sont tenues les épreuves du baccalauréat cette année.
C’est ce qu’a expliqué le premier responsable de l’Education nationale, en indiquant que la décision d’accorder le bac aux candidats en question intervient «en application des dispositifs et mesures exceptionnels relatifs à l’organisation des examens scolaires session 2020, dans le contexte de la propagation de la pandémie de Covid-19». M. Ouadjaout a également fait savoir que «les résultats de l’examen du bac session 2020 seront proclamés incessamment, juste après les délibérations», tout en souhaitant plein succès à tous les candidats, qui sont au nombre de 637.538, dont 413.870 candidats scolarisés et 223.668 candidats libres.
Relatant les conditions difficiles et si singulières de la préparation des examens, après la fermeture des établissements scolaires et la suspension des cours le 12 mars dernier, quelques jours après que le coronavirus ait été détecté en Algérie, le ministre a noté que «les différentes mesures prises consistaient en la suppression de l’examen de fin de cycle de l’enseignement primaire et le report des examens du brevet de l’enseignement moyen (BEM) et du baccalauréat, respectivement à la deuxième semaine et à la troisième semaine de septembre 2020». Il a relevé que pour les examens, il a été tenu compte que les élèves n’avaient fini l’année scolaire, ce qui a conduit à «la limitation des épreuves aux cours présentés en présentiel lors du premier et deuxième trimestre».
Les différentes mesures exceptionnelles qui ont été prises dans un cadre légal (circulaire ministérielle numéro 619 du 27 juin 2020 ainsi que les autres circulaires y afférentes) sont dans l’intérêt des élèves, a-t-il dit. Cela «afin d’accorder à nos enfants une chance de réussir dans leur parcours scolaire au vu de ce qu’ils ont enduré, plus de huit mois durant, de pression psychologique sans précédent induite par le confinement à domicile, la rupture de la scolarité et par les conditions sanitaires difficiles que nous avons tous vécues suite à la propagation du coronavirus», a déclaré M. Ouadjaout.

Retour sur un bac inédit
Outre les conditions sanitaires auxquelles a fait référence le ministre, il y a lieu de noter que la session du baccalauréat 2020 s’est distinguée par un déroulement qualifié de «réussite» par tous.
Pas seulement par la tutelle, mais aussi par les candidats, les syndicats et les associations des parents d’élèves qui, chacun de son côté, a apporté son témoignage que ce soit sur le plan sanitaire qui avait été respecté sans faille ou encore sur les sujets proposés lors des épreuves qui ont englobés les cours assurés en classe.
La session du bac 2020 s’est aussi distinguée par une lutte sans merci contre les fraudeurs. C’est par une main de fer qu’a été menée l’opération de faire échec à toute tentative de fraude. Tentative, car aucun sujet ou corrigé de sujet n’a été fuité avant le début des épreuves. Toutes les tentatives avaient commencé au moins une demi-heure après que les sujets eurent été distribués aux candidats et, selon toute vraisemblance, aucun candidat n’aurait pu avoir les corrigés en raison des coupures d’internet.
Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux ont été largement utilisés par les fraudeurs. Ce qui avait conduit à des perturbations, voire des blocages intermittents sans pareille de la connexion internet, pénalisant ainsi les utilisateurs parmi les particuliers et notamment les sociétés et entreprises qui ont opté pour le télétravail pour limiter les déplacements des employés et, par voie de conséquence, la transmission du coronavirus. Les perturbations ou blocages d’internet étaient «un mal nécessaire» pour certains, tandis que pour d’autres «des solutions autres auraient pu être trouvées» pour ne pas pénaliser quasiment toute la population connectée. Une situation que les internautes algériens ont subie toute la semaine durant laquelle se sont déroulées les épreuves du bac.
Les fraudeurs étaient nombreux malgré les mises en garde ayant précédé l’examen du bac, avertissant que les sanctions seraient lourdes contre quiconque tenterait de tricher ou aurait été pris en train de tricher. Les mesures censées dissuader n’ont pas été prises au sérieux et les enquêtes rapides des services habilités ont abouti à des arrestations dans plusieurs wilayas.
Tout un arsenal juridique avait, en effet, été annoncé et mis en place à l’encontre des fraudeurs sans que cela ait pu avoir écho auprès d’eux. Résultat des courses, une cinquante d’individus ont écopé de peines de prison assorties d’amendes. Les mis en cause ont été poursuivis pour des faits liés à la diffusion ou la fuite des sujets du baccalauréat ou de leurs corrigés mais aussi pour avoir tenté de se faire passer pour des candidats et les remplacer lors des épreuves. <